Le Mouvement Desjardins a vu progresser de 32 % à près de 4,7 milliards de dollars les sommes que lui ont confiées en 2006, à des fins d'épargne etde placements, à la fois les particuliers et les investisseurs.

Jacques Benoit

Le Mouvement Desjardins a vu progresser de 32 % à près de 4,7 milliards de dollars les sommes que lui ont confiées en 2006, à des fins d'épargne etde placements, à la fois les particuliers et les investisseurs.

C'est «une croissance record», note son vice-président, Gestion des avoirs, Éric Lemieux. En 2005, la hausse, déjà importante, avait atteint 20 %, a-t-il précisé dans une entrevue avec La Presse Affaires.

Ce montant de 4,7 milliards représente «les ventes nettes», indique-t-il , c'est-à-dire en retranchant du total l'appréciation attribuable «à l'effet marché», par exemple la plus-value boursière, les intérêts perçus, etc.

«En réalité, dit-il, c'est 7,4 milliards, mais je ramène ça à 4,7 milliards pour enlever l'effet marché.» Les résultats en question excluent les transactions faites par la filiale Valeurs mobilières Desjardins, et ne concernent que les quelque 550 caisses populaires de Desjardins, mais sans compter les dépôts faits dans des comptes courants. Comment expliquer pareille performance ?

Le vieillissement de la population y est pour quelque chose, explique Éric Lemieux.

Car, note-t-il en substance, plus les gens vieillissent, plus ils ont tendance à épargner en vue de leur retraite.

«On sait qu'à partir de 40 ans, il y a une sensibilisation plus grande à l'épargne, on tombe alors dans la phase d'accumulation, dit-il. Et 40 ans, c'est l'âge moyen au Québec.»

Autre phénomène, selon cette fois une enquête faite aux États-Unis : arrivé à l'âge de la retraite, un épargnant sur deux réunit l'ensemble de son épargne et de ses placements, et les confie à une même institution.

Sous-entendu : Desjardins, qui est l'institution leader au Québec, ne peut qu'en profiter...

«À la retraite, les gens veulent avoir une vision plus intégrée», fait observer à ce sujet son vice-président.

Il y a aussi que l'institution québécoise, chose peu connue même de ses millions de membres, offre désormais dans ses caisses tous les produits possibles -fonds communs de placement, valeurs mobilières, épargne à terme (ou certificats de placement garanti), etc.

En octobre dernier, avec la création de Vision retraite Desjardins, l'institution a ajouté à tout cela la possibilité, pour les clients, de se constituer une rente au moyen de leurs épargnes et de leurs placements.

Deux critères vont déterminer la nature des placements, à savoir «le niveau de tolérance au risque et le revenu désiré», explique Éric Lemieux.

Toutes sortes d'avenues s'offrent alors aux clients et aux planificateurs financiers : placements dans différentes zones géographiques, puis dans «des secteurs d'activité obéissant à des variables économiques différentes ou encore, comme le signale Desjardins dans son communiqué qui doit être publié aujourd'hui, selon le type de revenus qu'on peut en retirer (intérêts, dividendes ou gain en capital)».

Autre phénomène actuel dont il faut tenir compte, selon le vice-président de Desjardins : de plus en plus de retraités d'hier retournent sur le marché de travail.

Résultat, ils ont plusieurs sources de revenus (et non plus seulement, par exemple, leur salaire) : prestations de retraite, prestations de la Régie des rentes du Québec et de la Sécurité de la vieillesse, plus, entre autres, ce qu'ils touchent pour leur travail.

«Ce qui veut dire que les planificateurs financiers doivent tenir compte de ces multiples sources de revenus.»

Desjardins a aujourd'hui à son service 1300 planificateurs financiers dans ses caisses, et l'encours de l'épargne totale (épargnes et placements) s'y élève à 94 milliards de dollars.