Déterminé à démontrer qu'il a hérité d'un canard boiteux en achetant Capital Teraxis de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Vincent Lacroix passait au peigne fin le fonctionnement des fonds Evolution mardi.

Michel Munger

Déterminé à démontrer qu'il a hérité d'un canard boiteux en achetant Capital Teraxis de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Vincent Lacroix passait au peigne fin le fonctionnement des fonds Evolution mardi.

Rappelons que son ex-entreprise Norbourg a mis la main sur les fonds Evolution grâce à la transaction Teraxis. M. Lacroix affirme avoir hérité d'un trou comptable de 20 M$ en prenant la barre d'Evolution en avril 2004.

En contre-interrogeant à son procès pénal le témoin François Filion, juricomptable qui a enquêté pour l'Autorité des marchés financiers, M. Lacroix a amorcé une longue marche visant à faire sa preuve.

Remontant le fil des opérations effectuées entre la gestion interne des fonds (back office) et le gardien de valeurs Trust Banque Nationale, M. Lacroix a longuement parlé de retraits «significatifs» avec le témoin François Filion.

Par exemple, ils ont examiné celui effectué le 19 janvier 2004 dans neuf fonds. Le montant arrondi de 460 000 $ a été pris dans les coffres de Trust Banque Nationale et transféré dans un compte en fiducie.

Toutefois, ce sont seulement 320 000 $ qui ont été rappelés par les investisseurs, la somme de 140 000 $ demeurant dans le compte en fiducie.

Répondant aux questions de Vincent Lacroix, M. Filion expliquait qu'il s'agissait d'une situation normale car le back-office des fonds (la firme CITAC) prévoyait de l'encaisse afin d'épargner en minimisant les transactions avec le gardien de valeurs. Selon lui, le dépôt de sommes dans un compte en fiducie est «le chemin normal» pris par l'argent des investisseurs.

Un rappel à l'ordre

Si le juge Claude Leblond laisse Vincent Lacroix déposer sa preuve concernant Teraxis et les fonds Evolution, il ne s'est pas gêné pour le ramener à l'ordre sur le respect des procédures.

Au début de l'audience de mardi, le juge a sommé M. Lacroix de présenter ses documents suffisamment à l'avance pour que le procureur de la poursuite (Eric Downs) puisse vérifier leur authenticité.

Sinon, M. Lacroix devrait lui-même démontrer comment il a obtenu les tableaux, états financiers et autres documents qu'il souhaite utiliser. Cela ne semble pas chose facile, car l'ancien PDG de Norbourg a déjà avoué une certaine confusion quant à la provenance de certains dossiers.