Le Groupe Jean Coutu (T.PJC.A) vient d'annoncer qu'il avait l'intention de racheter lors des 12 prochains mois environ 13,7 millions de ses actions subalterne de catégorie A, soit 10% des actions actuellement en circulation et détenues dans le grand public.

Michel Girard

Le Groupe Jean Coutu [[|ticker sym='T.PJC.A'|]] vient d'annoncer qu'il avait l'intention de racheter lors des 12 prochains mois environ 13,7 millions de ses actions subalterne de catégorie A, soit 10% des actions actuellement en circulation et détenues dans le grand public.

Au cours actuel de 15,70$, cela représente un débours potentiel de 215 M$ de la part de la Trésorerie de la populaire chaîne de pharmacies.

Lorsque les compagnies rachètent leurs actions dans le but de les retirer de la cote des Bourses et de les annuler, cela a généralement pour effet d'augmenter la valeur intrinsèque de l'action.

En soi donc, la mise sur pied d'un programme de rachat d'actions, c'est une stratégie qui est susceptible de faire grimper le cours des actions de l'entreprise, à la grande satisfaction de ses actionnaires.

Mais lorsque la compagnie nous annonce que «certains initiés pourraient vendre des actions pendant la durée» du dit programme de rachat des actions, comme c'est le cas avec Jean Coutu, là, j'avoue, la stratégie perd beaucoup de son attrait.

Entre nous, quel est l'intérêt d'un investisseur d'acheter des actions d'une compagnie qui invite ses dirigeants (initiés) à liquider une partie de leurs actions?

La compagnie se sert ainsi de ses liquidités pour permettre à ses initiés de vendre leurs actions à un prix soutenu artificiellement par elle-même. Méchante confiance en la solidité de son titre en Bourse!

Qui plus est, en quoi les actions du Groupe Jean Coutu peuvent-elles représenter un bon achat si les dirigeants du groupe profitent du programme de rachat de la compagnie pour se départir d'une partie de leurs actions?

Quand les initiés d'une grande entreprise comme Groupe Jean Coutu ont grandement confiance dans leur société et dans la valeur de ses actions, ils ne liquident pas leurs actions.

Au contraire, ils les conservent dans le dessein de les voir grimper et d'encaisser éventuellement un gain encore plus généreux.

Et les initiés qui débordent de confiance se permettent même d'en acquérir sur le marché, au lieu de se contenter de conserver uniquement les options et les actions qu'ils obtiennent dans le cadre des régimes d'investissement offerts aux dirigeants et employés.

Au cours actuel, soit 15,70$, l'action du Groupe Jean Coutu se négocie tout près de son haut des 52 dernières semaines, soit 16,20$. À pareille période l'an dernier, l'action de Jean Coutu traînait sous la barre des 10$. Elle avait touché un creux de 9,91$.

Comme on peut donc le constater, le Groupe Jean Coutu lance son vaste programme de rachat d'actions au moment où le cours de ses actions se négocie près de son sommet des 12 derniers mois.

En septembre 2005, le cours de l'action de Groupe Jean Coutu avait touché les 22$ pièce. À la suite des inquiétudes soulevées par les difficultés d'intégration des 1854 pharmacies américaines Brooks et Eckerd dans le giron de la multinationale de la famille Coutu, le titre avait enregistré sa pire débandade de l'histoire.

Les pharmacies américaines représentaient un tel poids sur les épaules de la famille Coutu qu'il a été décidé de s'en départir aux mains de Rite Aid Corporation.

La décision fut manifestement bonne puisque l'action de Jean Coutu a repris le chemin de la hausse par la suite. Des sept analystes qui couvrent Jean Coutu, seulement deux en recommandent l'achat ces temps-ci. On retrouve l'équivalent d'une recommandation de vente et de quatre recommandations dites «neutres».