Le président de la Banque mondiale (BM), Paul Wolfowitz, a obtenu le soutien des administrateurs de l'institution pour mettre en place sa campagne contre la corruption, a-t-il annoncé mardi.

Agence France-Presse

Le président de la Banque mondiale (BM), Paul Wolfowitz, a obtenu le soutien des administrateurs de l'institution pour mettre en place sa campagne contre la corruption, a-t-il annoncé mardi.

«Nous avons obtenu des engagements du Conseil sur ce projet. Nous avons eu une claire unanimité, cela ne fait pas de doute», a affirmé M. Wolfowitz lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

Ce plan avait été rejeté une première fois l'année dernière et les pays membres de la Banque mondiale avaient demandé à son président de revoir sa copie.

«La question de la gestion des affaires publiques est essentielle pour le développement», a affirmé M. Wolfowitz, qui était auparavant secrétaire-adjoint à la Défense dans l'administration américaine du président George W. Bush.

Il a cité à titre d'exemple les initiatives prises par la BM pour lutter contre la corruption au Liberia et en République démocratique du Congo.

L'optimisme de M. Wolfowitz a été relayé par le représentant allemand au Conseil d'administration de la Banque, Eckhard Deutscher. Il a évoqué mardi les «bonnes relations» entre la direction de la Banque et les administrateurs sur le dernier projet de lutte contre la corruption.

«Il reste beaucoup de travail à faire pour le mettre en oeuvre mais je dois dire que je suis satisfait que nous soyons arrivés à une conclusion aussi large et commune», a-t-il ajouté.

M. Wolfowitz a toutefois été obligé de revenir en arrière par rapport à son projet initial de contourner les gouvernements nationaux pour s'assurer que l'aide arrive bien à ceux qui en ont besoin.

«Nous devons nous impliquer. Mais, ce faisant, nous apportons de l'argent et nous devons aussi travailler avec les gouvernements pour améliorer la gestion des affaires publiques», a-t-il dit.

Il a cité l'exemple du Liberia. Selon lui, ce pays «a la volonté» de lutter contre la corruption mais possède des moyens limités sans aide extérieure d'«empêcher l'argent de disparaître dans le compte en banque de quelqu'un».

Plusieurs des plus importants pays membres de la BM comme la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne avaient exprimé leurs réticences face à la première mouture du projet de Paul Wolfowitz.

Mais ce dernier a affirmé mardi que s'il pouvait y avoir eu des désaccords sur la méthode, l'objectif de lutte contre la corruption était partagé. «Nous avons reçu un soutien consistant de la Grande-Bretagne sur les questions de gestion des affaires publiques», a-t-il déclaré.

«Nous ne pouvons pas rester sur la touche pendant trois ou cinq ans en attendant que la situation en matière de gestion des affaires publiques devienne parfaite. Nous devons produire des résultats et d'une manière qui contrôle ce qui est fait de l'argent dépensé», a-t-il souligné.