L'industrie pétrolière canadienne commence à s'agiter. Ce qui s'annonçait comme une année formidable au début de 2006 a dérapé au dernier trimestre. Et un redressement rapide semble bien improbable.

Presse Canadienne

L'industrie pétrolière canadienne commence à s'agiter. Ce qui s'annonçait comme une année formidable au début de 2006 a dérapé au dernier trimestre. Et un redressement rapide semble bien improbable.

Les rendements du quatrième trimestre ont été uniformément décevants, chutant de quelque 45 % par rapport à l'an dernier au moment où une faible demande s'est associée à des coûts de production grimpant en flèche.

Depuis, le scénario n'a pas beaucoup changé, l'hiver généralement doux n'ayant pas réussi à faire baisser notablement le surplus d'énergie disponible en Amérique du Nord.

Malaise

«Je sens encore ce malaise parmi nos membres», indique Greg Stringham, le porte-parole de l'Association canadienne des producteurs pétroliers.

«Je ne veux pas donner l'impression que c'est comme si le ciel nous tombait sur la tête, mais ceux qui investissent de l'argent frais, avec les forts coûts qui ont cours actuellement, ont du mal à composer pour faire en sorte que leurs investissements rapportent.»

Un mois de février froid a provoqué un soupir de soulagement tandis que les chaudières ont commencé à ronronner, mais étant donné que les stocks de gaz naturel sont encore supérieurs à leurs moyennes de cinq ans, à 1,6 billion de pieds cubes aux États-Unis, l'industrie retient son souffle.

Les prix demeurent relativement bas, le pétrole se transigeant autour de 58 $US le baril et le gaz naturel a glissé sous la barre des 7 $US les mille pieds cubes.

Le facteur déterminant immédiat est la météo, explique M. Stringham.

«S'il y a du temps froid qui persiste pendant tout le mois de mars aux États-Unis, nous pourrons peut-être parler de bons résultats au premier trimestre, dit-il. Mais si ce n'est pas le cas, on parlera peut-être encore d'un trimestre considérablement plus négatif.»

Le mouvement à la baisse des prix du gaz naturel s'est amorcé il y a plus d'un an tandis qu'un hiver clément n'a pas réussi à faire baisser les stocks records. Un été pas trop chaud et la faible demande de climatisation ont fait en sorte que les stocks sont demeurés abondants, ce qui a eu pour effet de faire plonger les prix de 30 % à 4 $US le pied cube au milieu de l'année.

Les compagnies ont réagi en sabrant les budgets de capitaux de 25 % à 70 % au cours de la deuxième moitié de 2006 au moment où les coûts grimpaient.

Selon des analystes, environ 7 milliards de dollars en capital ont été retirés des 33 milliards de l'industrie traditionnelle dans l'Ouest canadien. Et les répercussions se font encore sentir.

«Tout le monde s'en ressent», soutient Dennis Elias, directeur de la firme de consultants Ziff Energy.

Les forages

Les forts rendements annuels annoncés par la plupart des compagnies pour 2006 ont été le résultat d'investissements dans les forages effectués il y a des années plutôt que d'une nouvelle production, soutient M. Elias.

On prévoit que l'activité de forage baissera de 10 %, le nombre de puits forés passant de 23 441 en 2006 à 21 000 cette année, selon une récente prévision de la Petroleum Services Association of Canada.

Ces changements dans les activités seront déterminés par la manière dont les compagnies de pétrole et de gaz ajusteront leurs programmes de forage après la débâcle du printemps et en fonction des prix des produits de base, a précisé Roger Soucy, le président de cet organisme.

«Du point de vue de l'industrie de service, pas de doute que des compagnies vont en arracher, a-t-il dit. Tout le monde attend de voir comment les prix vont évoluer au printemps.»

Malgré le ralentissement, les choses auraient pu être pires, selon M. Soucy.

«Les prix des produits de base ont été meilleurs que prévu, dit-il, en particulier en ce qui concerne le gaz naturel, étant donné l'hiver que nous avons eu alors que janvier a été si clément.»