En acceptant le contrat de travail dans une proportion de 86 %, les employés de la station de ski du Massif ont fourni à Daniel Gauthier la condition manquante à la réalisation du projet récréotouristique de 230 millions $.

Sylvain Desmeules

En acceptant le contrat de travail dans une proportion de 86 %, les employés de la station de ski du Massif ont fourni à Daniel Gauthier la condition manquante à la réalisation du projet récréotouristique de 230 millions $.

M. Gauthier a obtenu jeudi soir l'adhésion définitive des employés de la station de ski. En tout, 119 des 138 travailleurs présents à l'assemblée extraordinaire ont accepté une entente de six ans qui prévoit des hausses salariales de 20 % au total.

«Depuis quatre ans maintenant, nous travaillons à obtenir l'adhésion de la collectivité, des gens d'affaires de Charlevoix et de la grande région de Québec, des gouvernements, des instances politiques municipales, d'investisseurs potentiels et j'en passe», a d'abord fait savoir M. Gauthier.

«Il ne restait plus que nos employés à convaincre. Nous avons obtenu leur appui et cela signifie beaucoup pour moi. Sans eux, je n'aurais pas réalisé ce projet car c'est en partie pour eux que je l'ai d'abord rêvé. Ce soir, la confiance était au rendez-vous et je veux remercier sincèrement tous les employés de ce témoignage.»

Un vote significatif

Au sortir de l'assemblée, la joie était visible sur la quasi totalité des travailleurs. «Le plus important était de s'assurer de l'avenir de la station de ski et du développement de la région», réagissait Maude Arsenault.

Même son de cloche de la part de François-Olivier Rouleau-Déry : «La montagne aurait pu fermer ou être vendue. Dès le départ, quand j'ai entendu le projet et que les gouvernements donnaient de l'argent (65 millions $), j'étais favorable.»

«Il ne restait plus qu'une étape à franchir. Maintenant que M. Gauthier donne un projet à la région», a insisté le président du syndicat des employés du Massif (CSN), Éric Simard. Les employés ont aussi acquiescé aux exigences relatives à la flexibilité, à l'intégration des cadres et à l'attribution des postes par compétence.

Le syndicat a reconnu et déploré avoir eu toute la pression au cours des derniers jours, mais ajoute qu'à «partir de maintenant, c'est M. Gauthier qui a le poids sur ses épaules», souligne la présidente du conseil régional, Ann Gingras.

«Les gens ont aussi voté pour le projet... pour la survie de la montagne», comprenait M. Simard. De son côté, le président de la Fédération, Jean Lortie, assurait qu'il «ne s'agissait pas d'une entente à rabais. Au niveau salarial, c'est similaire à ce qui s'est négocié dans les grands hôtels, et souvent nettement supérieur au privé». Actuellement, le salaire moyen se situe entre 10 et 12 $.

Heureux de la tournure des événements, Daniel Gauthier soutient que «l'attente n'aurait pu être prolongée davantage compte tenu des enjeux majeurs qui étaient en cause».

«C'est également une grande région qui sort gagnante du résultat de ce soir», conclut-il. À compter de demain et avec un an de retard, le projet se met en marche. La priorité ira vers la remise sur rails d'un train touristique. La transformation d'un bâtiment agricole en hôtel quatre étoiles de 150 chambres et l'agrandissement de 30 % du domaine skiable font aussi partie du projet.