Les sandales Crocs (CROX) font un malheur depuis quelques années.

Mathieu Perreault

Les sandales Crocs [[|ticker sym='CROX'|]] font un malheur depuis quelques années.

Inventées à Québec voilà presque 10 ans, elles ont gagné un statut culte depuis 2004, quand un groupe d'hommes d'affaires du Colorado a décidé d'acquérir la société québécoise pour lui donner un plan de marketing international.

Cette année, la gamme de gougounes et sandales introduite l'an dernier prend de l'ampleur. L'influence de la mode est plus tangible. Et une ligne de petits boutons qu'on peut accrocher aux trous caractéristiques des sandales originelles a décuplé l'attrait des Crocs pour les jeunes, particulièrement les filles.

Le succès des Crocs ne réside pas seulement dans leur allure coquine, mais tient aussi à leur plastique révolutionnaire, que rien ne parvient à tacher, et dont les propriétés antibactériennes semblent bel et bien garantir qu'elles ne prendront jamais d'odeur comme les gougounes traditionnelles.

Le secret de fabrication est bien gardé. «Nous n'avons pas pris de brevet parce qu'il aurait fallu écrire la recette», explique Marie-Sophie Roussin, coordonnatrice marketing de Crocs Canada.

«Les employés qui ne travaillent pas à la production, comme moi, n'ont pas accès à l'usine. Elle est équipée d'un des systèmes de protection les plus élevés en Amérique du Nord.»

L'idée du Croslite, le nom officiel du plastique inventé par Marie-Claude de Billy et son conjoint Andrew Reddyhoff (Américain de naissance), est venue du désir de fabriquer des coussins et oreillers de spa plus malléables et durables.

Le géant de la pétrochimie Dupont a été impliquée dans l'invention grâce aux contacts de M. Reddyhoff, qui est ingénieur chimique.

Après les accessoires de spa et les dossiers de kayak, Création Foam (le nom de la compagnie fondée par le couple) a lancé des sandales, à la suggestion d'amis. Mais la distribution était essentiellement limitée au Québec.

En 2003, à une foire commerciale, les trois hommes d'affaires du Colorado ont rencontré M. Reddyhoff. Après lui avoir proposé d'acheter tout son stock de Croslite, elles ont fini par acquérir la compagnie.

Elles ont ajouté une courroie postérieure aux sandales et ont peaufiné le marketing. Le mythe était né.

Détail amusant, les comptes rendus québécois de l'histoire des Crocs passent souvent sous silence l'apport de la maison mère du Colorado, alors que le site web international ne mentionne que les trois «fondateurs» de Denver.

Le prix de vente de Création Foam, en 2003, n'a pas été rendu public. Mais depuis que Crocs [[|ticker sym='CROX'|]] s'est inscrite à la Bourse Nasdaq, on en sait davantage sur sa performance vertigineuse: des ventes de 142 millions pour le premier trimestre 2007, en augmentation de 217% par rapport au premier trimestre 2006. La preuve est faite: les Crocs sont les sandales de l'heure.