L'un des fonds d'investissements les plus puissants au monde, Blackstone, va entrer en Bourse à New York pour lever jusqu'à 4 milliards $ US, rompant ainsi avec l'habitude des fonds de profiter de la discrétion dont jouissent les sociétés non cotées.

Agence France-Presse

L'un des fonds d'investissements les plus puissants au monde, Blackstone, va entrer en Bourse à New York pour lever jusqu'à 4 milliards $ US, rompant ainsi avec l'habitude des fonds de profiter de la discrétion dont jouissent les sociétés non cotées.

Le fonds, qui possède des actifs de plus de 30 milliards $ US, a déposé formellement jeudi soir une demande d'entrée au New York Stock Exchange (Nyse) auprès du régulateur de la Bourse, la SEC.

Blackstone, qui participe aux plus grosses acquisitions réalisées par des fonds, aux côtés de KKR, Bain Capital ou encore Texas Pacific Group, n'a pas précisé la part de son capital qu'il mettra sur le marché, ni le prix d'émission des actions. Le marché s'attend à voir entrer en Bourse environ 10% de son capital.

Sa décision de quitter le statut de société non cotée pour épouser celui d'une compagnie présente en Bourse, obligée de rendre des comptes publiquement sur son activité aux actionnaires et analystes, peut paraître contradictoire pour un fonds d'investissement.

Un fonds est chargé de lever des capitaux auprès d'investisseurs privés pour les injecter, via des acquisitions ciblées, dans des entreprises qu'il revend ensuite à plus ou moins long-terme. Dans cette perspective, l'opacité sur ses marges de manoeuvre financière et sa stratégie est cruciale pour avoir un temps d'avance sur les fonds rivaux.

La levée d'argent frais via la Bourse est donc une opération rare pour un fonds, mais Blackstone n'est pas le premier à s'y essayer.

Le fonds de capital-risque Fortress, plus petit et bien moins prestigieux, a fait le mois dernier une entrée triomphale à Wall Street, l'action s'envolant de plus de 78% à son premier jour de cotation. Fortress a levé plus de 600 M$ US.

KKR, le grand concurrent de Blackstone, a quant à lui introduit une de ses branches en Bourse l'an dernier à Amsterdam et levé 5 milliards $ US.

L'argument avancé par Blackstone est financier: «Nous avons décidé de devenir une société cotée pour pouvoir accéder à de nouvelles sources de capital, que nous comptons injecter dans nos activités existantes, mais également pour investir dans des activités complémentaires», a expliqué le fonds jeudi.

Il a fait part de son intention d'investir notamment en dehors des États-Unis.

Exercice obligé pour effectuer sa demande d'introduction, Blackstone a révélé les grandes lignes de son profil financier, dont un bénéfice net de 2,2 milliards $ US en 2006, pour un chiffre d'affaires lié à ses investissements de 7,58 milliards.

Blackstone a été fondé en 1985 par Peter Peterson et Stephen Schwarzman avec seulement 400 000 $ US de mise de départ.

Le fonds a investi dans 100 entreprises dans tous les secteurs d'activité, détenant notamment des participations dans Orangina, VNU, CineWorld, Houghton Mifflin, Travelport, TDC et Universal Orlando.

Blackstone compte 750 employés avec des bureaux à New York, Atlanta, Boston, Los Angeles, Londres, Paris, Bombay, Hong Kong et Hambourg.

Fin 2006, Blackstone gérait des actifs d'une valeur de 31 milliards $ US, indique le prospectus d'introduction. Si l'on inclut ses investissements immobiliers, Blackstone a réalisé en 20 ans plus de 300 transactions d'une valeur totale de quelque 200 milliards $ US.

Fin 2006, Blackstone s'est illustré par une offre sur le promoteur immobilier américain Equity Office pour 39 milliards $ US, représentant l'un des plus gros rachats jamais réalisés par des fonds, derrière l'offre de 45 milliards sur le groupe énergétique TXU lancée en février par KKR et Texas Pacific.