Après un départ difficile, janvier clôture le mois avec un record boursier.

Réjean Bourdeau

Après un départ difficile, janvier clôture le mois avec un record boursier.

Poussé par les producteurs de ressources, dont les aurifères, l'indice de la Bourse de Toronto a terminé la séance de mercredi à 13 034 points, en hausse de 19 points, ou 0,2%, sur la veille.

Ce gain lui permet de surpasser de 12 points le dernier sommet enregistré le 14 décembre dernier.

Du coup, le S&P/TSX avance de 1% au cours du mois, par rapport à 1,4% pour le S&P500 américain.

«Janvier a mal commencé mais il y a eu un renversement de la situation au fil des séances», remarque Pierre Lapointe, de la Financière Banque Nationale.

Frappé par une baisse du prix du pétrole sous le seuil psychologique des 50$US le baril, l'indice canadien avait chuté jusqu'à 12457 points, le 10 janvier dernier, rappelle le stratège adjoint. Il s'agissait d'une baisse de 3,5% par rapport à la clôture de 2006.

Par la suite, le S&P/TSX a amorcé une remontée de presque 600 points.

Le retour du temps froid et l'amélioration de la demande pour le pétrole ont fait progresser les cours à plus de 56 $ US le baril. «Cela a permis de sauver les meubles», souligne M. Lapointe.

Malgré tout, le secteur de l'énergie, qui pèse pour 27% de la Bourse de Toronto, affiche une baisse mensuelle de 1,3%.

Par ailleurs, ajoute le spécialiste, le secteur des matériaux a gagné 3,2% en janvier.

Ce sous-indice, qui regroupe les mines et les métaux (16% du TSX), a fini en première place l'an dernier avec un spectaculaire gain de 38%! Au cours des quatre derniers mois il a avancé de 18%.

En janvier, il a notamment profité des rumeurs d'achat sur Novelis, un fabricant de produits laminés en aluminium (qui a pris 33%) et du projet de fusion de la papetière québécoise Abitibi-Consolidated (+28%) avec l'américaine Bowater.

En contrepartie, le spécialiste remarque que les prix du zinc et du cuivre chutent respectivement de 19% et de 11% depuis le début de l'année.

«La poussée du prix des matières premières amorcée depuis cinq ans est-elle en train de s'essouffler ? demande-t-il. Si cette baisse est la conséquence d'un ralentissement mondial il risque d'y avoir une contagion dans le reste des ressources naturelles.»

Fait intéressant, Pierre Lapointe constate que le secteur des entreprises industrielles est celui qui a le mieux fait au cours du mois avec un gain de 5,2%.

Cela s'explique par les avancées de Bombardier (+13 %), d'ACE Aviation (+13%) et SNCLavalin (+10%).

De plus, les titres liés à la consommation cyclique sont arrivés au deuxième rang, en hausse de 4%.

«Les câblodistributeurs et les télédiffuseurs affichent de bons résultats», souligne le stratège.

Cela s'est traduit par d'excellents rendements boursiers mensuels : Cogeco Câble a bondi de 24% alors qu'Astral Media a grimpé de 15%.

Pour leur part, le secteur des télécoms a aussi connu un bon mois avec une progression de 2%.

La semaine dernière, la valeur boursière de Rogers Communications (+3,5%) a surpassé celle de BCE (-1,5%) pour la première fois.

Du côté négatif, les entreprises spécialisées dans les services publics (électricité, gaz, etc.) ont reculé de 5%.

«Ces entreprises sont liées aux prix de l'énergie et certaines sont des fiducies de revenu qui ont annoncé des baisses de distribution», dit le spécialiste.

Pour les prochains mois, Pierre Lapointe recommande aux investisseurs de se tourner vers les titres des câblodistributeurs et des télédiffuseurs.

«Les câblos prennent des parts de marché dans la téléphonie traditionnelle, dit-il. D'autre part, il y a une multiplication des chaînes télé rentables.»

Ses choix: Astral Media (ACM. A), Cogeco (CCA), Shaw Communications (SJR. B) et Rogers Communications (RCI. B).

Pour se protéger d'une chute des ressources naturelles, fortement représentées à la Bourse canadienne, il conseille d'investir une partie de son portefeuille sur les marchés américains et européens, dans des secteurs défensifs de la consommation courante (épiceries, pharmacies) et de la santé (sociétés pharmaceutiques).