Des hommes d'affaires et des avocats ayant joué un rôle important dans les transactions qui se trouvent au coeur même du procès pour fraude de Conrad Black sont attendus à la barre des témoins cette semaine.

Presse Canadienne

Des hommes d'affaires et des avocats ayant joué un rôle important dans les transactions qui se trouvent au coeur même du procès pour fraude de Conrad Black sont attendus à la barre des témoins cette semaine.

La semaine dernière, la poursuite a commencé à faire entendre des témoins pour tenter de prouver que Black et quatre autres anciens dirigeants de Hollinger International ont empoché quelque 80 M$, une somme qui aurait plutôt dû être redistribuée aux actionnaires de l'entreprise.

Le témoin actuellement entendu est Craig Holick, qui a occupé le poste de directeur du financement chez Hollinger entre 1997 et 2000. Il sera suivi de Mike Reed et Thomas Henson, deux hommes ayant participé à la vente des actifs de Hollinger; de David Paxton, le pdg de Paxton Media Group; et d'Angela Way, l'ancienne assistante de Mark Kipnis, un des co-accusés de Black.

Le professeur Mohammed Fadel, de l'Université de Toronto, explique que les avocats du gouvernement américain veulent faire entendre plusieurs témoins qui pourront simplifier les transactions en question et aider les jurés à en saisir toutes les nuances.

Black est accusé de fraude, de racketérisme, d'obstruction à la justice, de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale. Il pourrait écoper de plus de 100 ans de prison s'il est reconnu coupable.

Les quatre témoins devraient s'attendre à un contre-interrogatoire serré de la part des avocats de Black, l'américain Ed Genson et le canadien Edward Greenspan.

«La défense doit être très agressive, a expliqué le professeur Fadel. Elle doit convaincre le jury que les témoins de la poursuite ne sont pas fiables», et elle essaiera donc de les ébranler pendant son contre-interrogatoire.

Mais après deux jours de témoignages, il est clair que les avocats de Black n'auront pas la tâche facile, puisque plusieurs de leurs questions ont été rejetées par la juge Amy St.Eve.

«La juge s'est assurée de limiter grandement le contre-interrogatoire de la défense, a dit M. Fadel. C'est mauvais signe pour la défense (puisque ça indique) qu'elle contrôlera de manière serrée ce qui est pertinent ou non.»

Le contre-interrogatoire le plus serré sera probablement réservé à David Radler, l'ancien lieutenant de Black qui a déjà reconnu sa culpabilité en retour d'une peine réduite, d'une amende de 250 000 $ et de son témoignage contre son ancien patron.

«Radler était l'homme sur le terrain, le type qui gérait toutes les transactions dont il est ici question, a expliqué l'avocat américain David Gourevitch. Tous les pdg se défendent en disant qu'ils ne font qu'élaborer la stratégie de leur entreprise, que sa mise en oeuvre est le travail de quelqu'un d'autre, et qu'ils ne sont pas à blâmer en cas de problème.»

L'issue du procès pourrait dépendre de la crédibilité de Radler, et la défense tentera probablement d'utiliser son plaidoyer de culpabilité pour la miner.

Les co-accusés de Black sont John Boultbee, Peter Atkinson et Mark Kipnis.