Quatorze mois après la suspension de production au seul véritable puits de pétrole du Québec, à Haldimand près de Gaspé, les partenaires Pétrolia et Junex progressent dans les négociations qui, espèrent leurs directions, aboutiront à une entente et à la reprise de l'exploitation à l'automne ou à l'hiver.

Gilles Gagné, collaboration spéciale

Quatorze mois après la suspension de production au seul véritable puits de pétrole du Québec, à Haldimand près de Gaspé, les partenaires Pétrolia et Junex progressent dans les négociations qui, espèrent leurs directions, aboutiront à une entente et à la reprise de l'exploitation à l'automne ou à l'hiver.

La production du puits Haldimand s'établissait à près de 40 barils par jour quand les deux partenaires ont suspendu le pompage afin d'en arriver à un protocole complexe qui définit le mode d'exploitation du gisement. Pétrolia et Junex possèdent chacun un intérêt de 45 % dans le puits Haldimand, tandis que Gastem en contrôle 10 %.

«Les pourparlers progressent énormément pour les deux parties. Ça se fait par petits points mais ça avance. On avait besoin de recul. C'est une des ententes les plus importantes pour les actionnaires», aborde Isabelle Proulx, porte-parole de Pétrolia.

Elle note que ce type d'entente se négocie généralement avant le début de l'exploitation d'un puits, mais l'emplacement de Haldimand a produit très vite et il a conséquemment surpris un peu tout le monde.

«On passe des étapes dans ce genre de situation, et il ne faut pas», dit Mme Proulx.

Historiquement, Junex détenait les droits sur le territoire de Haldimand avant de les céder à Pétrolia et Gastem, moyennant une clause de retour, ou back in dans le jargon financier, lui conférant un droit de réintégrer le partenariat à divers moments. Junex s'est prévalu de cette clause quand il est devenu clair que le puits produirait du pétrole.

«Tout est là pour reprendre la production très rapidement, mais il faut évaluer l'ampleur du puits. Ça signifie refaire des levés séismiques, faire une analyse 3D (trois dimensions, de la formation géologique) et forer un puits de confirmation. Le travail séismique coûte à lui seul 2 millions $», poursuit Isabelle Proulx.

Le puits Haldimand pourrait générer des revenus de 750 000 $ à 1 million $ par an. Si de 35 à 40 barils par jour constituent une production modeste, elle se range néanmoins dans la moyenne des puits conventionnels en fonction en Alberta, par exemple.

Le directeur général de Junex, Jean-Yves Lavoie, note aussi une progression appréciable du rythme des discussions avec Pétrolia. «Je m'attends à ce que ça débloque à l'automne», dit-il, convaincu que la production pourrait reprendre à ce moment. Isabelle Proulx prévoit un redémarrage à l'hiver.

Junex exploite du gaz aux puits Galt 1 et Galt 3, à l'ouest de Gaspé. Il se dégage aussi un peu de pétrole de ces puits, qui ont généré des recettes de 150 000 $ en 2006.