Si les détaillants de vêtements et de chaussures connaissent de bonnes ventes, plusieurs marchands de meubles se plaignent de chute des affaires, en dépit de transactions de maisons presque à leur sommet, au Québec et au Canada.

Laurier Cloutier

Si les détaillants de vêtements et de chaussures connaissent de bonnes ventes, plusieurs marchands de meubles se plaignent de chute des affaires, en dépit de transactions de maisons presque à leur sommet, au Québec et au Canada.

«Les marchands membres du Conseil national du meuble du Québec n'atteignent pas leurs projections de ventes jusqu'ici cette année», déplore le président de l'organisme, Paul Vaillancourt.

Par contre, tant Ogilvy que Harry Rosen dans les vêtements et Browns dans les chaussures soulignent des hausses importantes de leurs ventes.

Statistique Canada a dévoilé mardi que les ventes au détail au Canada, en mai dernier, ont rebondi de 2,8% par rapport à avril 2007 et de 8,2% par rapport à l'an dernier.

C'est la plus forte progression mensuelle depuis décembre 1997, souligne François Dupuis, économiste en chef de Desjardins. C'est même le Québec qui bat la marche au Canada, avec des gains mensuels de 4,9%, grâce aux paiements d'équité salariale.

Les ventes de chaussures et de vêtements ont augmenté entre 5,7% et 8% en un an et ceux des magasins de meubles, de 7,6% par rapport à l'an dernier, mais ces dernières ont baissé de 0,8% par rapport à avril 2007.

Aussi président de Meubles Vaillancourt, Paul Vaillancourt accuse lui même un retard de 10% de ses ventes. Germain Larivière et Domon n'atteignent pas leurs objectifs non plus, déclare-t-il.

«Même Brick n'atteint pas ses prévisions de ventes au Québec, selon lui, malgré ses dépenses à profusion en publicité.»

Paul Vaillancourt note de grosses faillites de marchands de meubles à Toronto, de même que celle du magasin InStyle Living de Laval. Il n'y a pas que la hausse des taux d'intérêt et du prix de l'essence, ou encore l'endettement des ménages qui nuisent aux ventes de meubles, selon lui.

«Le meuble passe après l'auto et les voyages. Le meuble est en train de manger toute une volée. Les marchands ne savent plus quelle direction le marché va prendre. Les gens s'achètent de grosses maisons, mais plusieurs pièces restent vides, sans meubles.» Tout ce qu'espère Paul Vaillancourt, c'est un meilleur automne.

Kim Yost, président de Brick Warehouse, d'Edmonton, plus grand détaillant de meubles au Canada, n'a pas rappelé La Presse Affaires.

Quant à Yves Des Groseillers, président du conseil, président et chef de la direction du Groupe BMTC (Brault & Martineau et Ameublement Tanguay), il ne parle jamais aux médias.

«Je ne peux pas parler des ventes de mai dernier, car BMTC ne l'est a pas encore divulgué dans le rapport trimestriel aux actionnaires», ajoute le président.

«Là, c'est plus difficile dans les magasins (plus de 25 au Québec) car il fait beau et c'est rare cette année», ajoute-t-il quand même. Brick fait-il mal?

«Tous les concurrents nuisent à BMTC. Je les haïs tous également», lance Yves Des Groseillers, qui détient près de 50% des actions de BMTC.

Le président du Groupe Bikini Village, Yves Simard, reconnaît par contre que «le temps frais a ralenti les ardeurs de la clientèle. Le maillot est un segment saisonnier dont on ne peut prédire la course avant la fin du second trimestre».

Yves Simard ne craint pas le ralentissement de la croissance économique. Comme Transat, Bikini Village mise sur la saison des croisières.

«Les ouragans peuvent nous compliquer la vie, mais quand il n'y a pas d'été, les Québécois ont la belle habitude de s'en créer un. Ça devrait s'améliorer.»

Ça va bien jusqu'ici chez Bovet, déclare le directeur de l'exploitation, François Bovet, mais «août et septembre devraient être difficiles. Les touristes sont moins nombreux et les gens s'achètent des appareils électroniques avant des vêtements», déplore-t-il.

«Avril 2007 a été très faible, mais mai, excellent», et le président d'Ogilvy, Bernard Paré, prévoit un bel automne. «Le luxe est un peu à l'abri de la récession», dit-il.

Chaussures Browns «bat records sur records et les clients ne se plaignent pas du prix de l'essence ou de la hausse des taux d'intérêt», selon le vice-président à l'exploitation, André Lescarbeau. Browns vient d'ouvrir de nouveaux magasins et 2008 sera aussi très occupé, dit-il.

Harry Rosen voit les ventes augmenter de 15% en six mois au Canada et à Montréal, comparativement à 12% l'an dernier. Le président de la chaîne canadienne, Laurance Rosen, est optimiste pour l'automne, même si des touristes manquent à l'appel.