À la demande de la Ville de Montréal, l'industrie montréalaise du taxi va étudier la possibilité de changer son parc de taxis pour des véhicules hybrides, comme l'ont fait d'autres villes du monde, notamment New York.

Éric Clément

À la demande de la Ville de Montréal, l'industrie montréalaise du taxi va étudier la possibilité de changer son parc de taxis pour des véhicules hybrides, comme l'ont fait d'autres villes du monde, notamment New York.

«Au lieu d'attendre un règlement, j'ai proposé à l'industrie de me faire une proposition globale», dit André Lavallée, conseiller municipal de Montréal, responsable du dossier Transports.

La Ville de New York a adopté récemment une résolution obligeant les 15 000 taxis de la Grosse Pomme à se convertir à la technologie hybride d'ici 2012.

Actuellement, 346 taxis new-yorkais sont électriques. Les nouvelles licences de taxi ne sont désormais accordées que si le véhicule permet l'accès aux fauteuils roulants ou s'il est hybride.

Selon Marvin Rotrand, le conseiller de Snowdon, qui défend le dossier des taxis hybrides auprès de la ville-centre, le maire de New York, Michael Bloomberg, a fait de ce virage de l'industrie du taxi une priorité dans son plan de développement durable.

«Il s'agit à mon avis d'une initiative extrêmement intéressante et je crois que Montréal devrait suivre cet exemple, dit M. Rotrand. Compte tenu de notre Plan de transport et de notre politique de développement durable, j'espère que nous pourrons rapidement nous orienter dans cette direction.»

Pour André Lavallée, on ne convertira pas 4500 taxis montréalais à l'hydrogène en criant ciseau. «Cela prend une organisation, car l'industrie est constituée de chauffeurs de taxi autonomes et de diverses associations», dit-il.

Aussi, le Bureau du taxi et la Table de concertation de l'industrie du taxi se réuniront le 25 septembre prochain pour réfléchir à la faisabilité d'un tel projet.

«Les chauffeurs de taxi qui se doteront d'un véhicule hybride seront admissibles à une subvention de 2000 $ du ministère des Transports du Québec», dit Richard Boyer, responsable du Bureau de taxi de Montréal.

Approche différente

Contrairement à New York, dit M. Boyer, Montréal ne pourra pas forcer par règlement les chauffeurs de taxi à se doter de véhicules hybrides, car le permis de taxi n'est pas accordé par la Ville mais par la Commission des transports du Québec.

«La Ville pourrait toutefois avoir certains éléments incitatifs, mais elle ne pourrait pas relier le permis au type de véhicule», dit-il. De plus, l'industrie montréalaise du taxi est très différente de celle de New York ou de Toronto. À Montréal, les chauffeurs sont souvent indépendants. Dans la ville américaine ou dans la Ville reine, il y a de grosses compagnies.

«C'est donc une approche différente, dit M. Boyer. Il faut discuter et voir comment on peut rendre les véhicules hybrides attrayants. N'oublions pas que, pour les chauffeurs de taxi, le coût de l'essence est important dans leurs frais. Ils seront donc sensibles à cet aspect.»

Le fait que les taxis puissent être autorisés à faire de la publicité à l'extérieur et à l'intérieur de leur véhicule sera également abordé à la rencontre du 25 septembre.