Le début de septembre marque toujours la rentrée à l'école et au travail, mais cette année, elle marque aussi le retour de Vincent Lacroix en cour.

Michel Munger

Le début de septembre marque toujours la rentrée à l'école et au travail, mais cette année, elle marque aussi le retour de Vincent Lacroix en cour.

Le procès pénal de l'ancien PDG de Norbourg reprend mercredi devant le juge Claude Leblond, de la Cour du Québec.

Poursuivi par l'Autorité des marchés financiers, M. Lacroix est accusé d'avoir fait plus de 130 retraits «irréguliers» pour 115 M$ au sein de l'épargne des investisseurs ayant misé dans les fonds gérés par Norbourg.

La première partie du procès, qui s'est terminée le 15 juin, a mis sous les feux de la rampe le juricomptable François Filion. Cet expert a enquêté pour l'AMF et détaillé devant le juge Leblond une thèse des plus complexes.

M. Filion a passé au peigne fin 10 000 transactions bancaires pour retracer les millions qui auraient été détournés vers les comptes bancaires de Vincent Lacroix et de ses compagnies.

Se défendant seul, sans même la présence de ses proches dans la salle d'audience, le PDG déchu a tenté de démontrer que les retraits vers des comptes d'entreprises peuvent se produire dans l'industrie des fonds communs, ce qui ne rendrait pas les opérations «irrégulières» au niveau pénal. Il n'a toutefois pas démenti où a abouti l'argent.

Les débouchés pour les fonds des épargnants ont été multiples : acquisitions de sociétés, prêts à des parents et amis, achats de maisons et quelques dizaines de milliers de dollars dépensés pour brasser des affaires dans des bars de danseuses.

La première partie du procès a aussi fait ressortir les rumeurs qui circulaient au sein de Norbourg. Selon des témoins comme Mario Lavallée, ancien professeur de l'UQAM et mentor chez Norbourg, les imposants flux d'argent semblaient provenir de la famille de M. Lacroix. Ce dernier aurait aussi laissé entendre qu'il y investissait sa fortune personnelle et qu'il gérait celle des autres en Suisse.

Les audiences ont aussi été embarrassantes pour des institutions financières telles que le Mouvement Desjardins et Citibank. Ces deux entités ont investi 20 M$ dans des fonds Norbourg, tirant de leur aventure un profit fictif de 2,3 M$.

Rappelons que Desjardins a mis fin au mandat de gestion de Norbourg en juin. M. Lacroix avait révélé au journal Finance et Investissement qu'il gérait de l'argent pour Desjardins.

Le procès a été ajourné pour l'été alors que venaient de témoigner quelques collaborateurs comme Pierre Therrien. Ce spécialiste des montages financiers avait mis sur pied un système pour gérer des fonds de couverture. Il a entre autres allégué que s'il était mal payé au début, il a reçu des chèques personnels de Vincent Lacroix à titre de compensation par la suite.

Les noms des prochains témoins ne sont pas encore connus. L'Autorité des marchés financiers et son procureur Eric Downs ont démontré, depuis le début du procès, une grande discrétion sur la marche à suivre.