Les projets d'investissement privé de 750 M$ ne courent pas les rues à Montréal et pourtant, celui de Petro-Canada ne suscite pas beaucoup d'enthousiasme.

Hélène Baril

Les projets d'investissement privé de 750 M$ ne courent pas les rues à Montréal et pourtant, celui de Petro-Canada ne suscite pas beaucoup d'enthousiasme.

C'est que, malgré l'importance des sommes requises, l'accroissement de la capacité de la raffinerie ne créera pas d'emplois, comme c'est généralement le cas dans le secteur pétrolier.

Les 750 millions serviront à construire une unité de cokéfaction, pour améliorer le traitement des résidus de pétrole et en tirer davantage d'essence et autres produits finis.

Résultat: la capacité de production de la raffinerie augmenterait de 10 %, soit de 130 000 à 145 000 barils par jour, si le projet se réalise. Les travaux dureraient deux ans, pour se terminer en 2009. Selon le porte-parole de Petro-Canada, Andrew Pelletier, le cokeur, d'une hauteur de 30 étages, serait construit sur un emplacement actuellement occupé par une quinzaine de réservoirs, qui seraient détruits.

Les émissions de gaz dans l'atmosphère seraient conformes aux exigences réglementaires, affirme-t-il.

Examen du projet

Malgré cette assurance, des voix se sont élevées pour réclamer un examen du projet par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. « On n'est pas contre le projet, mais on voudrait que le BAPE l'examine », a fait savoir le porte-parole du parti d'opposition à la mairie de Montréal, Robert Bousquet.

Le projet de Petro-Canada n'est pas assujetti à la procédure d'audiences publiques, mais il pourrait l'être si le ministre de l'Environnement l'ordonne.

Petro-Canada a investit plus de 100 millions par année depuis cinq ans pour améliorer la performance de sa raffinerie de Montréal, dont la construction remonte à 1954. Shell vient d'investir 200 millions pour réduire la teneur en soufre de sa raffinerie de Montréal, qui a plus de 70 ans.

À Lévis, Ultramar dépense aussi des centaine de millions par année pour augmenter la production de sa raffinerie, la plus importante au Québec avec 215 000 barils par jour.

Ultramar veut aussi investir 250 millions dans un pipeline entre sa raffinerie de Lévis et Montréal, un projet qui est actuellement examiné par le BAPE.