Bell (T.BCE)et Telus (T.T) nient concentrer leurs investissements culturels sur Toronto au détriment de Montréal, comme le soutenait le sénateur Serge Joyal la semaine dernière.

Sophie Brouillet

Bell [[|ticker sym='T.BCE'|]]et Telus [[|ticker sym='T.T'|]] nient concentrer leurs investissements culturels sur Toronto au détriment de Montréal, comme le soutenait le sénateur Serge Joyal la semaine dernière.

«Nos investissements sont assez partagés entre le Québec et l'Ontario, rétorque le porte-parole de Bell, Pierre Leclerc. On trouve notre compte à Montréal.»

«Ce n'est pas vrai», répond à M. Joyal le vice-président aux affaires communautaires de Telus Québec, Serge Leclerc, selon qui le diagnostic du sénateur résulte de plusieurs erreurs méthodologiques.

Toutefois, ni Bell ni Telus n'acceptent de divulguer leurs budgets pour les investissements culturels dans les deux provinces.

Dans une lettre ouverte à La Presse, M. Joyal écrivait que sur un an, les principales institutions culturelles torontoises avaient amassé 565 millions en contributions des compagnies privées, contre seulement 25 millions pour Montréal.

Il donnait l'exemple de Bell et Telus, soulignant que Telus a contribué cette année pour 10 M$ à la construction du nouveau Conservatoire de musique de Toronto et s'est engagé à recueillir cinq millions pour cette cause auprès de son réseau d'affaires.

Par comparaison, poursuivait-il, la société de téléphonie n'a donné que 20 000 $ au Musée des beaux arts de Montréal et 25 000 $ aux Grands Ballets canadiens.

Quant à Bell, Serge Joyal soulignait son engagement face au nouveau «Festival Centre» de Toronto, une affaire de «plusieurs millions de dollars», et il faisait la comparaison avec les quelques dizaines de milliers de dollars consentis au Musée des Beaux-Arts de Montréal et aux Grands ballets canadiens.

Selon le sénateur, «c'est Montréal qui n'offre pas à Bell et Telus l'occasion de se manifester en grand».

Chez Telus, Serge Leclerc reproche à Serge Joyal de s'être fié uniquement aux communiqués publiés par la compagnie, alors qu'elle réalise plusieurs investissements sans les annoncer.

Selon le vice-président, l'analyse ne tient pas non plus compte de certains dons qui pourraient être considérés comme culturels, par exemple la somme de 7,5 M$ accordée au Centre des sciences de Montréal.

Il assure aussi ne pas manquer d'occasions de commandites ou de dons à Montréal. «C'est plutôt l'inverse, dit-il. Notre réalité est récente au Québec, on augmente notre présence progressivement et on est forcés de refuser certaines propositions.»

Chez Bell, Pierre Leclerc indique que l'entreprise trouve au Québec de quoi répondre à ses besoins d'implication et de visibilité. «On a les occasions qui nous conviennent», assure-t-il.