L'avocat canadien de Conrad Black a accusé son sucesseur à la tête de Hollinger International d'avoir «fréquenté» des gens sur qui il devait enquêter, avant de le questionner sur l'ampleur de sa rémunération quand il a accédé à la tête de l'entreprise.

Presse Canadienne

L'avocat canadien de Conrad Black a accusé son sucesseur à la tête de Hollinger International d'avoir «fréquenté» des gens sur qui il devait enquêter, avant de le questionner sur l'ampleur de sa rémunération quand il a accédé à la tête de l'entreprise.

Me Greenspan a tout d'abord laissé entendre que Gordon Paris avait profité de l'opulence corporative tout autant que son prédécesseur.

«Je vous soumettrais qu'en 2005, vous gagniez 15 805 $ par jour», a dit l'avocat. Le juge a toutefois interdit à M. Paris de répondre à la question, en réponse à une objection de la poursuite. M. Paris a par contre admis avoir reçu une compensation de 511 375 $ US de Hollinger en 2003.

Me Greenspan a aussi laissé entendre que M. Paris, le premier témoin appelé par la poursuite, n'a rien vu des transactions par lesquelles Black et ses co-accusés sont soupçonnés d'avoir détourné quelque 60 M$ US. M. Paris a reconnu que s'il n'était pas aussi qualifié que les gestionnaires de l'époque, il savait comment jouer le jeu.

Me Greenspan a ensuite souligné qu'au moment où il dirigeait un comité spécial formé pour enquêter sur les allégations de malversations au sein de Hollinger International, M. Paris a continué à fréquenter les dirigeants de l'entreprise, notamment lors des rencontres du conseil d'administration.

«Vous n'avez jamais pensé que ce n'était peut-être pas approprié, puisque vous fréquentiez avec les gens sur qui vous enquêtiez?», a demandé Me Greenspan.

«Je ne me suis jamais inquiété de ma propre objectivité», a rétorqué M. Paris.

La poursuite a demandé le témoignage de M. Paris pour démontrer que M. Black était bien au fait des opérations financières de Hollinger.

La poursuite veut ainsi contrecarrer les avocats de Black, qui feront valoir qu'il était tellement occupé par la gestion du quotidien Daily Telegraph de Londres, par l'écriture de livres et par ses activités politiques, qu'il avait cédé la gestion quotidienne de Hollinger à son ancien lieutenant, David Radler.

Ce dernier a déjà reconnu sa culpabilité, en échange d'une peine réduite et d'une amende. Il devrait aussi témoigner contre son ancien patron.

M. Paris a quitté Hollinger International il y a environ trois mois. Il a déclaré que sa relation avec Black en était une d'affaires plutôt que personnelle, ce qui a incité Me Greenspan à rappeler que le conseil d'administration de l'entreprise était constitué de poids lourds ü comme l'ancien secrétaire d'Etat Henry Kissinger et l'ancien gouverneur de l'Etat de l'Illinois, James Thompson.

«Il n'y a pas de mauviettes ici, a dit l'avocat. Il (Black) ne vous contrôlait pas. Vous ne lui obéissiez pas, mais il vous a demandé de faire partie du conseil d'administration.»

M. Paris a ensuite expliqué avoir accepté le poste de chef de la direction uniquement parce qu'il n'y avait pas d'autre choix, plusieurs des dirigeants principaux ayant déjà été congédiés.

Plus tôt pendant la journée, en réponse aux questions de l'avocat de la poursuite, Eric Sussman, M. Paris avait révélé que certains dirigeants de Hollinger empochaient des frais relativement à certaines transactions, mais il n'a pas accusé Black d'actes malhonnêtes.

«Dans certaines circonstances, l'argent allait directement des ventes aux individus», a-t-il dit.

Black et trois autres anciens dirigeants de l'entreprise ü Jack Boultbee, Peter Atkinson et Mark Kipnis ü sont accusés d'avoir empoché des millions de dollars qui auraient normalement dû être redistribués aux actionnaires de Hollinger. Black est aussi accusé d'avoir refilé des millions de dollars en dépenses personnelles à la compagnie.

Mercredi, les avocats de Kipnis et Atkinson ont tenté de dissocier leurs clients de cette affaire.