Les finances des étudiants sont farcies de dettes de consommation superflues? Préjugés, rétorque Patrick Brady, président de la FEUQ.

Marc Tison

Les finances des étudiants sont farcies de dettes de consommation superflues? Préjugés, rétorque Patrick Brady, président de la FEUQ.

«On entend que les stationnements des universités sont pleins de voitures d'étudiants, donne-t-il en exemple. Les étudiants des régions doivent souvent se déplacer et revenir à la maison pour leur travail de fin de semaine.»

En effet, les étudiants québécois ne dépensent pas plus que les Canadiens pour les dépenses personnelles (181$ par mois) ou le transport (93$ par mois).

Au Québec, leurs dépenses totalisent 1053$ par mois, alors qu'elles approchent ou excèdent la barre des 1600$ dans huit des autres provinces.

Les étudiants du Québec ont les coûts les plus faibles de tout le Canada «parce que leurs droits de scolarité sont les plus bas et qu'ils paient moins cher pour se loger ou se nourrir», indique le rapport Le prix du savoir 2006-2007, qui cite ces chiffres.

Par contre, observent ses auteurs, de tous les Canadiens, les étudiants québécois sont ceux qui «obtiennent la somme de revenu la plus faible provenant des économies et de leur famille».

En effet, les études sont plus abordables au Québec qu'ailleurs au Canada ou aux États-Unis quand on ne tient compte que des droits de scolarité, des frais obligatoires et du matériel scolaire.

Frais de subsistance

Toutefois, le Québec tombe au 30e rang sur 60 - quoique encore premier au Canada - quand on considère également les frais de subsistance des étudiants qui ne résident pas chez leurs parents, la capacité financière des parents et toutes les formes d'aide disponible.

Selon l'avis d'août 2007 du Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études, «une partie de l'explication tient au faible revenu médian qui existe au Québec (54e rang), qui affecte la capacité de payer des parents, mais aussi au fait que le Programme de prêts et bourses ne répond pas de façon satisfaisante aux besoins non comblés.»

Chose certaine, les étudiants vivent dans la même société que leurs aînés, sont soumis aux mêmes incitations à consommer, et font appel aux mêmes outils pour y parvenir: le crédit.

Comme le fait valoir Jacques Nantel, professeur à HEC Montréal et intéressé aux questions d'endettement: «Il n'y a pas lieu de croire que l'endettement des jeunes et des étudiants a suivi une tendance différente de celle de la société.»

Note: les moyennes ne tiennent pas compte des répondants n'ayant signalé aucun revenu ou dépense dans cette catégorie, ce qui explique pourquoi les totaux ne correspondent par à la somme des catégories.

Source: Enquête sur la situation financière des étudiants du postsecondaire au Canada 2003-2004, dans Le prix du savoir 2006-2007

Note: pour le Québec, les données tiennent compte de l'augmentation des droits des étudiants canadiens non-résidants du Québec. Pour les résidants du Québec, les droits ont été gelés à 1668$ pendant 11 ans.