S'inscrire dans un programme d'insertion professionnelle, c'est comme l'abonnement à un centre de conditionnement physique.

Yves Therrien

S'inscrire dans un programme d'insertion professionnelle, c'est comme l'abonnement à un centre de conditionnement physique.

Dans un cas, c'est l'entraînement pour remettre son corps en forme, alors que la réinsertion au marché du travail c'est l'exercice pour apprendre ou réapprendre à travailler pour retrouver un emploi et le conserver.

Avec cette analogie, Guy Lessard, directeur général de l'entreprise d'insertion en emploi Le Vélo Vert, ajoute que 75 % des personnes ayant suivi ce parcours de 28 semaines ont déniché un emploi et l'ont conservé.

Même si ce n'est pas le premier emploi trouvé qui a été conservé, à tout le moins les gens étaient outillés pour faire des démarches de recherche d'emploi et les trois quarts des gens on réussi.

Chaque année, Vélo Vert accueille près de 55 personnes par groupe de 16 à 20 pour une période de 28 semaines. Il s'agit non seulement d'une démarche d'insertion professionnelle, mais aussi d'un vrai travail rémunéré pour 35 heures par semaine.

Il y a trois autres entreprises du même genre dans la région de Québec: Recyclage Vanier spécialisé dans la destruction de documents confidentiels et le recyclage, Le Piolet et Le Pignon Bleu, spécialisé en restauration.

La clientèle des centres comme Le Vélo Vert est composée de personnes vivant de l'aide sociale, des prestations de chômage ou qui sont sans revenus. Ils ont perdu leur travail ou n'ont jamais eu d'emploi pour diverses raisons.

«La démarche sert à leur redonner confiance en leurs moyens, explique Guy Lessard. Et tous ceux qui passent ici ont un point en commun: ils veulent s'en sortir. Ils apprennent ou réapprennent à travailler, à suivre des consignes, à respecter les horaires et l'autorité, à prendre des responsabilités, à être en contact avec le public. Certains partent de zéro. Si on leur tient la main au départ, on les laisse rapidement prendre leurs responsabilités, mais avec un encadrement et une équipe de soutien, parce que le but ultime est de les rendre autonomes.»

D'ailleurs, pour le soutien, il y a deux intervenants sociaux, travailleur social ou psychologue, et différentes formations dont celle qui se donne vers la fin du processus pour la recherche d'emploi, la préparation des CV et des entrevues.

Avant d'être inscrits au programme, les candidats doivent passer une entrevue.

«Nous vérifions si la personne a le potentiel pour faire le parcours, précise M. Lessard, et si nous sommes la ressource appropriée. Si c'est le cas, nous établissions un plan d'action. Au terme d'une période d'essai d'un mois, il y a réévaluation pour poursuivre le processus ou l'arrêter. Les gens savent que nous agissons comme un employeur. Le contexte de travail est réel.»

Bien que Vélo Vert et les autres organismes d'insertion professionnelle soient accrédités par le ministère de l'Emploi, ce sont de vraies entreprises qui doivent vivre en dehors des subventions accordées pour la réinsertion au marché du travail.

Par contre, le gouvernement récupère rapidement son investissement, affirme M. Lessard, il récupère sa mise sur une période de 12 à 18 mois par les impôts et les prestations d'aide sociale qui ne sont pas versées parce que les gens sont revenus sur le marché du travail.

Vélo Vert a donc sa boutique où l'on vend des vélos usagés, des vélos réusinés et des vélos neufs. Toutefois, les entreprises en insertion professionnelle ne peuvent faire de concurrence déloyale dans leur segment de marché.

«Nos vélos usagés se vendent au prix de l'usagé, précise Guy Lessard. Les vélos réusinés sont moins chez que les neufs, mais nos vélos neufs sont dans les mêmes prix que ceux de la concurrence tout comme tous les accessoires et les frais des services de réparations.»