Même si elle coûte cher à court terme, la suppression de 1000 emplois à la Banque de Montréal (T.BMO) demeure une «décision nécessaire» pour être meilleure, a dit son nouveau président, Bill Downe, devant les actionnaires réunis jeudi à Toronto.

Martin Vallières

Même si elle coûte cher à court terme, la suppression de 1000 emplois à la Banque de Montréal [[|ticker sym='T.BMO'|]] demeure une «décision nécessaire» pour être meilleure, a dit son nouveau président, Bill Downe, devant les actionnaires réunis jeudi à Toronto.

Juste avant, la quatrième banque en importance au Canada avait confirmé que cette compression de 3% de son effectif, annoncée le mois dernier, avait retranché 88 millions à son bénéfice net du premier trimestre.

La conséquence: le groupe financier BMO se retrouve avec sa première baisse de profit trimestriel depuis presque deux ans, à contre-courant de ses principaux concurrents.

Son profit net au premier trimestre a reculé de 3,4% à 585 millions, ou 1,13$ par action, alors que ses revenus progressaient de 4% à 2,75 milliards.

Le rendement des capitaux propres de la BMO, une importante mesure de performance des banques, subit aussi un repli.

Il a reculé de deux points de base à 15,7% au premier trimestre. C'est inférieur de cinq à dix points aux résultats publiés jeudi par deux autres banques: la CIBC et la Banque Nationale.

En Bourse, la hausse de dividende trimestriel annoncée aussi jeudi par BMO, qui passe de 65 à 68 cents par action, n'a pas réussi à satisfaire des investisseurs déçus.

Les actions de BMO ont encore reculé de 1% à 70,11$, accentuant leur déficit de rendement par rapport à leurs pairs.

Depuis 12 mois, le rendement boursier (avec dividende) des actions de BMO atteint 4,3% à la Bourse de Toronto.

En comparaison, le rendement du sous-indice des sociétés de services financiers s'élève à 13,5%, et celui de l'indice de marché S&P/TSX cote à 10%.

Ce rendement inférieur a été critiqué lors de l'assemblée d'actionnaires de BMO, en particulier l'actionnaire-activiste Robert Verdun.

Ce dernier est le vis-à-vis torontois du Montréalais Yves Michaud, le président du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC), connu surtout pour réprimandes publiques des dirigeants de grandes banques.

Jeudi, Robert Verdun a opposé le rendement inférieur de BMO avec la rémunération de ses hauts dirigeants, en particulier la caisse de retraite du président sortant, Tony Comper.

«Ça totalise des dizaines de millions de dollars en options d'achat d'action et en prestations de retraite Pourquoi BMO dépense-t-elle encore autant pour payer ses hauts dirigeants, plus que les autres banques, alors que son rendement financier est inférieur?», a lancé M. Verdun.

Visiblement irrité, le président du conseil de BMO, David Galloway, a rétorqué que «notre rémunération est modérée par rapport à nos pairs.»

Quant au nouveau président et chef de la direction de BMO, Bill Downe, il s'en est tenu à présenter ses priorités pour améliorer les résultats financiers.

Mais d'emblée, BMO a réduit son principal objectif financier: hausse de 5 à 10% du profit net en 2007, comparé au gain de 12% l'an dernier.

Entre autres, BMO veut grossir encore ses activités aux États-Unis, à partir de son réseau de filiales dans la région de Chicago et du Midwest américain.

Mais ça se réalisera «selon nos moyens», a répondu M. Downe à un actionnaire qui s'enquérait d'autres acquisitions au sud de la frontière.

Au Canada, malgré la suppression de mille emplois «surtout administratifs», le nouveau patron de BMO veut poursuivre l'amélioration des succursales, avec une offre de services plus étoffés.

BMO prévoit rénover 30 succursales et en ouvrir une quinzaine en 2007, selon un modèle qui compte jusqu'à 50 conseillers pour toute la gamme de services, avec des heures d'ouverture accrues et même des guichets automatisés de service au volant.

Au Québec, BMO prévoit ouvrir ou rénover quelques succursales «dans les villes où la population et l'activité économique s'accroissent», a indiqué son président régional, Jacques Ménard, à La Presse Affaires, en coulisses de l'assemblée de jeudi à Toronto.

Entre autres, BMO veut gagner des parts du marché des PME québécoises, que M. Ménard situe «autour de 15 à 16%».

Pour les particuliers, BMO envisage de presque doubler le nombre de 25 succursales qu'elle a implantées jusqu'à date dans des supermarchés IGA et Sobeys au Québec.

Aussi, BMO vient de remplacer ses 350 guichets automatisés au Québec par des appareils prêts pour la prochaine génération de cartes de débit, dotées d'une puce à mémoire et mieux sécurisées.

Le réseau québécois de BMO compte aussi 135 succursales bancaires régulières et 17 bureaux de sa filiale boursière BMO Nesbitt.