Les vacanciers québécois ne devraient pas seulement profiter des plages de la Nouvelle-Angleterre cet été. Selon plusieurs gestionnaires de portefeuille, ils devraient aussi faire le plein d'actions américaines.

Vincent Brousseau-Pouliot

Les vacanciers québécois ne devraient pas seulement profiter des plages de la Nouvelle-Angleterre cet été. Selon plusieurs gestionnaires de portefeuille, ils devraient aussi faire le plein d'actions américaines.

Scotia Capitaux et BMO Banque privée Harris sont tous deux convaincus que la Bourse américaine fera mieux que sa consoeur canadienne d'ici la fin de l'année. Valeurs mobilières Desjardins prédit plutôt un match nul.

BMO Banque privée Harris vient de réduire sa proportion de titres canadiens dans ses portefeuilles. La société d'investissement suggère de ne garder que 50% de ses actifs boursiers en titres canadiens.

Un investisseur plus téméraire pourrait en conserver jusqu'à 60% - mais pas plus. «Dans le choix de leurs titres canadiens, les investisseurs devraient se concentrer sur les sociétés d'envergure internationale», dit Jeffery Lusher, vice-président de la gestion de placements chez BMO Banque privée Harris.

Après cinq années de croissance effrénée (156% depuis le 22 octobre 2002), les marchés boursiers canadiens connaissent des signes d'essoufflement. Mardi, l'indice de la Bourse de Toronto a plongé de 2,8%.

«Les marchés canadiens sont surévalués comparativement aux marchés américains, dit M. Lusher. Au Canada, les perspectives de croissance sont moins bonnes en raison de l'inflation et des taux d'intérêt à la hausse. Les fusions et acquisitions, les fonds d'investissements privés et le prix des ressources naturelles et de l'énergie ont contribué à la hausse du marché canadien mais la bulle risque de se dégonfler à court terme.»

Malgré une baisse de 1,98% mardi dernier, la Bourse américaine offre un meilleur potentiel de rendement durant le reste de l'année 2007. BMO

Banque privée Harris estime que l'indice américain Standard & Poor's500 pourrait gagner 3,5% d'ici la fin de l'année, tandis que l'indice de la Bourse de Toronto oscillera entre une perte de 1% et un gain de 1% pendant la même période.

«L'évaluation des entreprises américaines est moins élevée présentement, dit M. Lusher. Aux États-Unis, les taux d'intérêt pourraient même diminuer. L'indice S&P500 a toujours bien fait historiquement quand les taux d'intérêt sont à la baisse.»

Luc Girard, directeur du groupe conseil en portefeuille chez Valeurs mobilières Desjardins, est encore plus pessimiste: ni le TSX ni le S&P500 n'offrira de rendement aux investisseurs jusqu'à la fin de l'année.

Il reconnaît toutefois que la Bourse américaine offre quelques garanties supplémentaires contre un repli.

«Le marché américain est mieux réparti entre les secteurs, dit M. Girard. Au Canada, tout dépend des ressources naturelles. L'indice TSX est lié au pétrole et aux ressources naturelles. Les investisseurs qui font confiance au marché canadien croient que la Chine continuera d'alimenter la demande en ressources naturelles.»

Le directeur du groupe conseil en portefeuille chez Valeurs mobilières Desjardins privilégie le secteur financier dans les deux pays. «Il y a encore des bons titres défensifs aux États-Unis (Citigroup) comme au Canada (Banque TD, Banque Scotia)», dit M. Girard.

Dans le secteur des télécommunications, Luc Girard a un faible pour la société américaine AT&T. «Elle va profiter de la téléphonie sans fil et du iPhone, dit-il. Son titre pourrait avoir une croissance similaire à celui de Rogers au Canada.»

Scotia Capitaux semble aussi avoir perdu confiance en la Bourse de Toronto. Dans un commentaire publié lundi, son stratège Vincent Delisle réitère sa cible de 14 200 points pour l'indice TSX au cours des 12 prochains mois.

Il s'agit d'une hausse inférieure à 1% (0,007%), comparativement à une hausse de 7% pour l'indice américain Standard & Poor's500 pendant la même période.