L'événement était des plus attendus. Tout était en place: tentes, parasols, tables à pique-nique et kiosques à nourriture occupaient le centre de la piste. Tel que prévu, à 16h30 hier, l'annonceur maison s'est exclamé : «Voici le retour des courses à l'hippodrome de Trois-Rivières.» Un retour qualifié d'optimiste par les uns et de discutable par les autres.

Éric Lallier

L'événement était des plus attendus. Tout était en place: tentes, parasols, tables à pique-nique et kiosques à nourriture occupaient le centre de la piste. Tel que prévu, à 16h30 hier, l'annonceur maison s'est exclamé : «Voici le retour des courses à l'hippodrome de Trois-Rivières.» Un retour qualifié d'optimiste par les uns et de discutable par les autres.

Les hommes à chevaux devaient avoir des fourmis dans les jambes puisque leurs bêtes n'avaient pas foulé la piste de Trois-Rivières depuis mars. Pour l'occasion, des installations «temporaires» ont été érigées pour satisfaire amateurs et parieurs, d'ici à ce que le complexe rénové ouvre ses portes en octobre prochain.

Dame Nature donnant un coup de main, entre 500 et 600 spectateurs, selon les organisateurs, ont assisté à ce retour des courses «live».

Cependant, ce qui faisait jaser hier, c'était bien plus les nouvelles installations offertes aux clients. Bien avant que la musique de circonstance ne sonne le départ, tous avaient leur mot à dire sur la qualité des infrastructures mises en place par les organisateurs. Les commentaires n'étaient pas toujours des plus élogieux, même si d'autre part, on tentait de voir la chose avec optimisme.

«C'est l'enfer ! C'est très mal organisé, comme à l'habitude, a sèchement laissé tomber Yves, accoudé sur une table. On espère que ça a atteint le fond du baril et que ça va rebondir.»

L'homme était accompagné de quelques amis et membres de la famille. Enchantés à l'idée de revenir à l'hippodrome, ils ont rapidement compris que l'activité serait bien plus complexe que prévue.

«Il n'y avait aucune indication ! Entre le message qui était lancé et la réalité, il y a une grosse différence ! On va tenter de prendre tout ça avec humour», a-t-il ajouté.

Pas très loin, installée devant l'un des nombreux téléviseurs branchés pour bien suivre l'action, Gisèle Séguin ne voulait rien entendre de ces critiques peu élogieuses. «C'est temporaire ! Tout le monde travaille fort pour qu'il y ait des courses, a-t-elle lancé, avec conviction. Il faut accepter que ce ne soit pas parfait !»

Organisation

Le retour des chevaux à l'hippodrome a été marqué par la présence du propriétaire d'Attractions Hippiques, le sénateur Paul J. Massicotte. De passage à Trois-Rivières, le promoteur n'a pas hésité à se mêler aux amateurs et parieurs.

Celui-ci n'a d'ailleurs pas nié qu'il existait bel et bien quelques anicroches en ce qui à trait à la logistique, mais s'est dit heureux d'assister au retour des activités.

«Ce n'est peut-être pas totalement organisé ! Mais c'est une méthode indirecte pour subventionner l'industrie. Le but principal, c'était de le faire pour les hommes à chevaux», a-t-il précisé.

Le vice-président de Courses pour Attractions hippiques, Gérard Landry, était quant à lui comblé par la popularité du rendez-vous. «Oui, c'est une bonne journée. On n'avait pas trop poussé la promotion, mais on a eu une très bonne réponse», commente-t-il.

Selon lui, ce sont surtout les hommes à chevaux qui en sortiront gagnants. «L'objectif n'est pas de faire des profits mais de redonner la chance aux hommes à chevaux de faire de l'argent», ajoute-t-il.

Et les critiques ? «Il y a des gens qui sont nés et qui trouvaient que le lait de leur mère était sûr», a-t-il lancé avec une pointe d'ironie.

Hommes à chevaux

L'humeur était bien moins maussade qu'elle ne l'a déjà été dans les paddocks, hier. Le maréchal-ferrant à la retraite, André Viens, était tout sourire.

«J'ai fait le tour et les gens sont heureux ! C'est bien mieux cela [les installations], qu'il n'y ait pas de courses. Un bon moment donné, il faut aller de l'avant», a expliqué M. Viens, qui avait eu bien des démêlés avec les gestionnaires lors du démantèlement des écuries en mai.

Les courses vont donc se poursuivre tous les samedi et dimanche à 16h30 pour quelques semaines encore, jusqu'à la réouverture de l'hippodrome de Québec. Par la suite, la piste sera occupée le samedi, en attendant l'ouverture très attendue du bâtiment rénové au début octobre.