La multinationale de l'environnement Greenpeace pourrait frapper un autre grand coup contre l'industrie forestière québécoise tôt ce matin alors que son navire Arctic Sunrise remonte le Saguenay à la rencontre d'un bateau transportant de la pâte kraft produite à Saint-Félicien par l'entreprise SFK Pâtes.

Mis à jour le 14 sept. 2007
Louis Tremblay

La multinationale de l'environnement Greenpeace pourrait frapper un autre grand coup contre l'industrie forestière québécoise tôt ce matin alors que son navire Arctic Sunrise remonte le Saguenay à la rencontre d'un bateau transportant de la pâte kraft produite à Saint-Félicien par l'entreprise SFK Pâtes.

Tout ce qui bougeait en bordure du fleuve Saint-Laurent pendant la journée de jeudi surveillait les mouvements du célèbre navire. L'équipage de Greenpeace devait faire une halte aux Escoumins vers minuit pour prendre à son bord un pilote du Saint-Laurent.

Toutefois, la corporation des pilotes aurait refusé qu'un de ses membres monte à bord en raison de l'incertitude entourant la mission du navire dans les eaux du Saguenay.

«Nous avons informé les autorités concernant les informations qui circulent au sujet de l'éventuelle présence de Greenpeace. Un plan d'intervention est prévu au cas où il y aurait une tentative», a déclaré au Quotidien le porte-parole de Port Saguenay, Alain Bouchard.

Le navire M/C Jaeger Arrow a accosté au cours de la journée de jeudi au quai Marcel-Dionne du terminal maritime de Grande-Anse, situé à La Baie.

Le navire transportait du brai pour la compagnie Alcan. Il est demeuré à quai pour prendre un chargement de pâte kraft, produite à partir de fibres d'épinette noire récoltée dans les forêts commerciales du nord du Lac-Saint-Jean.

Il a été impossible de savoir hier soir ce qu'entendait faire l'équipage de Greenpeace lorsque l'Arctic Sunrise arrivera à la hauteur du terminal maritime.

Le porte-parole de Port Saguenay a confirmé au Quotidien que les autorités portuaires avaient refusé à l'Arctic Sunrise la demande de permission d'accoster.

«Nous avons refusé l'autorisation au navire de même que par tout autre moyen maritime. La réglementation nous autorise à prendre ce genre de décision puisque nous sommes un port qui réalise des activités commerciales. Nous avons donc le droit de refuser à un navire d'accoster lorsqu'il y a risque d'entrave à nos activités principales», a précisé Alain Bouchard.

Cette manoeuvre de l'organisme voué à la protection de l'environnement s'inscrit dans une vaste campagne dont l'objectif est de ternir l'image d'un groupe de sociétés papetières canadiennes dont les activités de récolte sont principalement concentrées au Québec et, dans une moindre mesure, en Ontario.

Il s'agit des papeteries Abitibi-Consolidated, Bowater, Kruger ainsi que SFK Pâtes, une entreprise spécialisée dans la production de pâte kraft.

En théorie, le navire de Greenpeace pourrait établir le contact visuel avec les installations portuaires de Grande-Anse vers 8h ce matin, puisqu'il faut en général entre sept et huit heures pour remonter le Saguenay à partir de l'embouchure, à Tadoussac.

Il est possible que Greenpeace nie catégoriquement ce matin que le navire remonte le Saguenay pour mener une action contre l'industrie papetière.

L'équipage aurait informé les autorités que ce voyage avait plutôt pour objet la prise de photographies des baleines qui fréquentent le Saguenay.

Les grands mammifères marins fréquentent effectivement le fjord, mais elles ne remontent pas plus haut que la baie Sainte-Marguerite, située à quelques kilomètres seulement de l'embouchure.

Les autorités de Port Saguenay n'ont pas confirmé si un navire de la garde côtière canadienne était en direction du terminal de Grande-Anse pour observer les manoeuvres de l'Arctic Sunrise.

Selon les informations disponibles jeudi, la Sûreté du Québec, la Gendarmerie royale du Canada ainsi que le Service de police de Saguenay ont été alertés.