Les codes postaux révèlent bien des choses qui n’intéressent pas le facteur de Postes Canada.

Publié le 1er mai

Comme quoi ? Comme votre espérance de vie.

Si vous me disiez le vôtre, je pourrais vous annoncer si votre mode de vie vous permettra de passer plus ou moins de temps à la retraite que la moyenne des ours.

Je n’ai pas de boule de cristal ni de don particulier. Je taperais tout simplement les trois lettres et les trois chiffres de votre code postal dans un outil vraiment fascinant créé par Club Vita.

Cette entreprise se spécialise dans l’évaluation de l’espérance de vie, une expertise qu’elle vend aux régimes de retraite. Grâce aux modèles de longévité qu’elle a créés, elle a déterminé que le lieu de résidence d’une personne est le facteur le plus prédictif, davantage, même, que le sexe. Pourquoi ? Parce qu’il en dit long sur le mode de vie, ce qui inclut par exemple le niveau de richesse, l’accès aux soins de santé et le taux de criminalité, énumère France Panneton, chef stratégie retraite chez Club Vita.

Les hommes d’Outremont et de Brossard ont une espérance de vie supérieure à celle des résidants des quartiers Hochelaga-Maisonneuve et Rosemont, révèle la carte. Évidemment, il s’agit de moyennes, et d’autres facteurs comme le type de travail et l’état matrimonial entrent en ligne de compte. Mais ça donne une bonne idée des disparités qui existent.

À Longueuil et à Saguenay, on voit de tout : du vert foncé signifiant une espérance de vie supérieure à la moyenne jusqu’au rose foncé qui indique l’inverse. Le sexe a un impact significatif, tout comme le quartier. D’autres villes sont très homogènes. Les écarts entre Toronto (verdoyante) et la région de Montréal (barbouillée de rose) sont frappants.

Entre le vert foncé et le rose foncé, il a un écart de 3,5 ans de vie.

  • Espérance de vie des femmes dans la région de Montréal, par code postal, par rapport à la moyenne canadienne

    CARTE TIRÉE DU SITE DE CLUB VITA

    Espérance de vie des femmes dans la région de Montréal, par code postal, par rapport à la moyenne canadienne

  • Espérance de vie des hommes dans la région de Montréal, par code postal, par rapport à la moyenne canadienne

    CARTE TIRÉE DU SITE DE CLUB VITA

    Espérance de vie des hommes dans la région de Montréal, par code postal, par rapport à la moyenne canadienne

  • Espérance de vie des femmes dans la région de Laval, par code postal, par rapport à la moyenne canadienne

    CARTE TIRÉE DU SITE DE CLUB VITA

    Espérance de vie des femmes dans la région de Laval, par code postal, par rapport à la moyenne canadienne

  • Espérance de vie des hommes dans la région de Laval, par code postal, par rapport à la moyenne canadienne

    CARTE TIRÉE DU SITE DE CLUB VITA

    Espérance de vie des hommes dans la région de Laval, par code postal, par rapport à la moyenne canadienne

  • Espérance de vie des femmes dans la région de Québec, par code postal, par rapport à la moyenne canadienne

    CARTE TIRÉE DU SITE DE CLUB VITA

    Espérance de vie des femmes dans la région de Québec, par code postal, par rapport à la moyenne canadienne

  • Espérance de vie des hommes dans la région de Québec, par code postal, par rapport à la moyenne canadienne

    CARTE TIRÉE DU SITE DE CLUB VITA

    Espérance de vie des hommes dans la région de Québec, par code postal, par rapport à la moyenne canadienne

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Consultez la carte interactive de Club Vita

Pour bien préparer sa retraite, l’évaluation de son espérance de vie est une donnée clé. Mais est-elle bien évaluée par les travailleurs de 40 à 60 ans ? Club Vita a posé la question au Canada, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Les résultats sont intéressants… et paradoxaux.

Car même si tout le monde rêve d’une belle et longue retraite, la longévité est sous-estimée partout. En moyenne de 4,7 ans.

Les femmes la sous-estiment de 6,1 ans, les hommes de 2,5 ans.

Au Canada, c’est un peu mieux : -5,4 ans pour les femmes et -2,4 ans pour les hommes.

Ce « pessimisme » pourrait avoir « une incidence significative sur le bien-être financier des personnes âgées », préviennent les experts de Club Vita. En sous-estimant le temps passé à la retraite, on s’expose en effet « aux risques de sous-épargne et de dépenses excessives à la retraite ».

Selon l’Institut québécois de la planification financière, 25 % des femmes qui prennent leur retraite fêteront leur 96anniversaire. La même proportion d’hommes soufflera 94 bougies.

Les chances de passer une trentaine d’années à la retraite sont donc assez élevées.

Et le coût de la vie grimpera forcément au cours de ces décennies.

On le voit depuis quelques mois, l’inflation fait particulièrement mal aux retraités dont les revenus sont à peu près stables. Les rentes versées par Ottawa et Québec sont indexées, mais à retardement. Tandis que les régimes de retraite offerts par les employeurs (appelés complémentaires) le sont rarement.

C’est sans compter que la majorité des retraités n’a même pas cotisé à un régime complémentaire ! Cela se répercute sur le niveau de vie : 43 % des aînés québécois gagnent moins de 25 000 $ par année.

Quand l’inflation atteint 6,7 % comme maintenant, et s’accélère, les retraités se mettent à rêver d’indexation. Et les futurs retraités aussi. Mais c’est un luxe qui coûte cher.

« La pleine indexation, ça fait augmenter les coûts de 25 % », précise l’actuaire Claude Lockhead, associé exécutif chez Aon.

Pour un travailleur dont le salaire est de 70 000 $ par année, les versements dans le régime de retraite à prestations déterminées devraient donc totaliser 17 500 $ plutôt que 14 000 $ (en supposant des cotisations représentant 20 % du salaire pour une rente non indexée de 2 % par année de service). Toute une facture !

« Le problème de la société, c’est que ce n’est jamais très winner d’économiser pour ses vieux jours. On veut consommer maintenant. L’épargne, c’est de la consommation future. Faites le test : préférez-vous un voyage dans le Sud ou une cotisation REER comme cadeau de Noël ? », demande Louis Adam, professeur à l’École d’actuariat de l’Université Laval.

Son collègue Gabriel J. Power, titulaire de la Chaire IG Gestion de patrimoine en planification financière, abonde dans le même sens. C’est vrai que « l’inflation frappe et fait mal » aux aînés, dit-il, mais si on reculait en arrière de 30 ans, ces personnes ne voudraient probablement pas payer pour l’indexation de leur régime de retraite.

Les 40-60 ans ont le mérite d’être lucides. Seulement 23 % estiment que leur épargne-retraite pourrait être ou sera suffisante, selon l’étude menée par Club Vita. C’est vraiment peu. Espérons qu’il ne s’agit que du même pessimisme exprimé au sujet de l’espérance de vie.

Lisez la chronique « Attention, vous risquez de vivre plus vieux que prévu ! »