Le coût de la vie à Montréal est moins abordable… que l’année dernière, si on le mesure à celui de plus de 200 villes dans le monde. Heureusement, il fait bon y vivre.

Au milieu du monde

Si vous avez trouvé votre avis d’augmentation de loyer plutôt élevé cette année, la nouvelle livraison du classement Mercer – où les villes sont présentées en ordre d’inabordabilité – viendra confirmer votre impression : le coût de la vie à Montréal aurait augmenté, en comparaison avec celui d’autres grandes villes internationales.

Le palmarès annuel de la firme Mercer publié lundi place maintenant Montréal 118e sur la liste des villes, classées selon le coût de la vie. Un bond de 17 positions, elle qui était 135e l’année dernière.

Au total, 226 villes figurent dans cette analyse. Montréal s’y trouve pratiquement à mi-chemin, juste derrière la capitale slovène, Ljubljana.

La firme Mercer y calcule le coût de la vie en analysant l’habitation, les transports, les services et les autres dépenses courantes. On veut notamment composer un panier qui comprendra certains aliments (des œufs, du café, de l’huile d’olive), mais aussi le prix moyen de la coupe de cheveux et d’une paire de jeans, ainsi que le prix de l’essence.

Au total, 200 points sont analysés pour faire cet exercice de comparaison.

Toutefois, l’étude de Mercer note qu’il y a plus que le coût de la vie lorsqu’il est question de choisir un endroit pour s’établir : il y a la qualité de vie – calculée par différents facteurs dont la sécurité dans son environnement, ainsi que la présence d’’une infrastructure solide et d'un réseau social sain.

Dans un exercice où l’on établit une corrélation entre l’indice du coût de la vie et celui de la qualité de vie pour certaines métropoles du monde, Montréal a bonne mine. Elle figure parmi les villes où le coût de la vie est le plus bas et la qualité de vie la plus élevée à côté de Varsovie, Budapest et Kuala Lumpur.

Toronto, la Reine

En Amérique du Nord, New York est la ville la plus chère, mais au Canada, c’est Toronto qui figure bonne première à la 92e place, devant Vancouver (101e), où l’on a aussi trouvé que le coût de la vie avait sérieusement augmenté durant les derniers mois – elle était à la 116position l’année dernière.

Suivent Montréal, puis Ottawa (126) et Calgary (141).

Seule Toronto a perdu des rangs, deux places, ce qui fait d’elle la seule ville au pays où vivre est plus abordable cette année qu’en 2023 – les données ont été analysées au mois de mars 2024.

Au-delà d’une succession de chiffres qui positionnent les villes du monde les unes par rapport aux autres, l’exercice fait par Mercer permet de noter les variations dans certains pôles de dépenses comme le logement.

« Le coût du logement est un facteur important dans le classement des villes en fonction du coût de la vie, peut-on lire dans le rapport du 17 juin. Entre 2023 et 2024, ce coût a connu une grande volatilité dans le monde, les prix de location des logements variant considérablement d’une ville à l’autre. Par exemple, la ville d’Istanbul en Turquie a connu une augmentation moyenne des prix de 301 %, tandis que Tel-Aviv a connu une baisse de 22 %. »

Globalement, la rareté du logement a poussé les prix vers le haut. Un phénomène mondial.

Les plus chères

Mais il y a des endroits où tout est cher : si vous songez à vous expatrier pour les études et le travail, sachez que Hong Kong, Singapour et Zurich sont les territoires les plus dispendieux, la Suisse comptant à elle seule quatre villes dans le peloton de tête des endroits où la vie est la plus chère. En plus de Zurich, vivre à Genève, Bâle et Berne coûte une fortune.

Mais ce n’est pas nouveau, les villes suisses ont toujours été classées très haut dans la liste de Mercer. Et l’année dernière, Hong Kong, Singapour et Zurich trônaient toutes les trois dans le même palmarès. Dans son analyse, Mercer détaille que tant l’immobilier et le coût des transports que ceux des dépenses essentielles en services ou en biens comme les repas restent très élevés dans ces trois villes.

Parmi les endroits où il y a eu les plus grandes différences, le cas de Mexico est notable. La capitale mexicaine est passée de la 79e à la 33place, un spectaculaire bond de 46 places vers le haut.

La douzaine d’œufs argentins

Dans ce genre d’exercices, plusieurs variables sont analysées. Au rayon de l’alimentation, on a notamment calculé les différences dans le prix de certaines denrées qui traduisent inévitablement les taux d’inflation alimentaire qui ont particulièrement affligé certains pays.

À Buenos Aires, le prix de la douzaine d’œufs a bondi de plus de 400 % en une année. Dans la même ville, le prix de la tasse de café est désormais 282 % plus élevé, alors que la hausse du prix de l’huile d’olive en une année est pratiquement de 700 %. Ce qui ne surprendra aucun observateur, l’Argentine ayant vécu une sévère crise inflationniste dans la dernière année, au moment où les analystes de Mercer collectaient leurs données. L’inflation ralentit progressivement dans ce pays d’Amérique du Sud, mais Buenos Aires se classe en 2024 77e dans la liste des villes où le coût de la vie est le plus élevé ; elle était 109e l’année dernière.

Les dix villes où le coût de la vie est le plus élevé

  • Hong Kong
  • Singapour
  • Zurich
  • Genève
  • Bâle
  • Berne
  • New York
  • Londres
  • Nassau
  • Los Angeles

Source : Mercer, rapport 2024

1. Consultez le palmarès de Mercer (en anglais)