Québec annoncera ce lundi qu’il injecte des millions de dollars dans un tout nouveau consortium qui accompagnera les jeunes pousses en technologies propres, de l’idéation à la commercialisation à l’international.

« Ce qu’on veut, c’est créer des Shopify et des Cirque du Soleil en technologies propres au Québec », lance Patrick Gagné, PDG de Cycle Momentum. Cet accélérateur en technologies vertes s’allie avec l’incubateur 2 Degrés et l’accélérateur en innovations IVÉO pour donner naissance au Consortium en technologies propres.

Le nouveau regroupement veut accroître rapidement le bassin d’entreprises et accélérer la mise en marché d’innovations pour réduire les rejets et améliorer la qualité de l’environnement. Or, pour ce faire, l’écosystème québécois des technologies propres doit revoir ses façons de faire. « On doit partir des besoins », dit Patrick Gagné.

Le Consortium compte identifier les marchés prometteurs, le potentiel commercial des technologies pour, par la suite, appuyer les dirigeants dans le développement et la commercialisation de leurs solutions. Il espère aussi faciliter les efforts de financement en aidant à structurer, en amont, le capital-action d’une entreprise pour la rendre plus attirante aux yeux des investisseurs.

Mais surtout, l’accompagnement doit être continu. « Il faut éviter les vides au cours du développement d’une entreprise. C’est super important de s’assurer de l’amener jusqu’aux phases de croissance et d’expansion », dit Alexandre Guindon, directeur général et cofondateur de l’incubateur 2 Degrés. Il souligne que les start-up pourront bénéficier au même endroit du réseau des trois organisations.

Les millions que le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie annoncera – la somme exacte sera dévoilée ce lundi – serviront en partie à renforcer la commercialisation des technologies vertes.

Oui, on peut avoir une idée, une innovation. Mais il faut s’assurer de pouvoir la mettre en marché.

Benoit Balmana, directeur général d’IVÉO

Une phase d’autant plus critique que le temps nécessaire à la commercialisation de ces solutions est très souvent plus long que pour d’autres types d’entreprises en démarrage. Par exemple, l’adoption et le changement de technologies par des sociétés minières ou des entreprises énergétiques nécessitent un démarchage plus long.

L’accent sur l’extérieur

Chose certaine, le succès commercial est nécessaire à la survie d’une technologie, rappelle M. Balmana. Le Consortium doit servir de facilitateur aux jeunes entreprises pour ouvrir les portes des industries susceptibles d’adopter leurs technologies, qu’elles fassent partie des marchés institutionnels ou privés, voire internationaux.

« Une des choses sur lesquelles on veut mettre l’accent, c’est aider dès le début ces start-up à commercialiser à l’extérieur. C’est une des façons pour qu’elles deviennent plus grosses, plus rapidement », dit Patrick Gagné, ajoutant dans la foulée : « Et c’est ce qui fait qu’elles ne vendent pas trop tôt. »

Le directeur général de 2 Degrés, Alexandre Guindon, abonde dans le même sens. Le Canada est l’un des pays qui recensent le plus grand nombre de demandes de brevet déposées : « Le potentiel est là, mais il faut réussir à mettre ces idées en marché. »

Pour ce faire, le Québec doit prendre exemple sur des économies comparables en taille et en population, comme la Suède, les Pays-Bas et Israël, indique M. Gagné. « En Israël, juste en technologies propres, il y a au-delà de 1000 start-up. Au Québec, on en recense entre 400 et 500 », dit Patrick Gagné.

La force du nombre est cruciale, selon lui, pour que l’écosystème des technologies propres devienne « autosuffisant économiquement ». Plus il y a d’entreprises, plus grandes sont les chances qu’il y ait des projets de qualité, raisonne-t-il. Les succès auront pour effet d’attirer des investisseurs. « C’est ce qui fait qu’on s’est rassemblés : on veut donner cette impulsion. »