Tous les vendredis, un décideur se dévoile dans notre section. Cette semaine, Jean Benny, président de Benny & Co., répond à nos questions.

Après toutes ces années, mangez-vous encore du poulet ?

Toutes les semaines. Je ne suis pas tanné. J’ai hâte au dimanche pour en manger. Je me commande un demi-poulet. Je mange ma cuisse et je garde ma poitrine pour mes sandwichs et mes salades, la semaine. Et j’ai aussi hâte de manger mes sandwichs ! Ici, au bureau, avec la cuisine test, on a l’occasion de goûter à de nouveaux plats, j’aime ça. Mais je reviens toujours à mon demi-poulet avec frites et salade de chou. Je suis un peu conservateur là-dessus.

Quelles sont votre meilleure et votre pire habitude ?

Ma meilleure habitude, je dirais que c’est ma discipline matinale. Je fais mes étirements. Ce n’est pas vraiment du yoga, mais c’est comme du yoga [rires]. C’est trop forçant, du yoga. Ma pire habitude… j’en ai plusieurs. Je ne qualifierais pas ça de pire, mais je ne devrais jamais fumer et parfois j’en fume une. Je me permets de relaxer. Il me reste juste ça à régler et après ma vie va être parfaite [rires].

Quel mot ne pouvez-vous plus supporter ?

Ça fait longtemps que le mot « impossible », je ne comprends pas ça. Entendre ce mot-là m’a quand même motivé à aller de l’avant. Je trouve que c’est challengeant.

Quel livre ou film avez-vous l’habitude de recommander ?

Ken Follett est l’un de mes auteurs favoris. J’aime les romans historiques. Dans Les piliers de la Terre, il y a beaucoup de faits historiques, beaucoup de recherche. Et pour le film, c’est Forrest Gump. Rien n’est impossible surtout si tu te laisses guider par la vie. Forrest, tout lui arrivait… par accident. Il est devenu le meilleur coureur au monde et aussi le meilleur pêcheur de crevettes. C’est simple, candide. Il a réussi malgré lui.

Quel conseil donneriez-vous à la version plus jeune de vous ?

Je me dirais d’avoir davantage confiance en moi, en mes idées, en ma façon de faire les choses.

Y a-t-il un moment où votre carrière a basculé ?

Justement quand je me suis fait confiance. En 2006, j’ai décidé de créer Benny & Co., un concept qui permettait de réunir [les différentes enseignes de restaurants de] la famille. Il y avait plusieurs marques de restaurants et on a uni nos forces [sous un même nom]. On a commencé, mes frères et moi, avec une douzaine de restaurants. Ça prenait du leadership pour le faire, pour créer un bureau, un service de franchiseur. Le rassemblement a créé une synergie.

Que traînez-vous toujours dans vos poches ou votre sac ?

Je traîne mon téléphone. C’est devenu mon « bureau » quand je suis à l’extérieur. Je le mets souvent à off par contre. La nuit, je veux avoir la paix. En vacances, je ne l’apporte pas non plus. Le déposer et le reprendre quelques jours après, ça fait du bien. On n’avait pas de téléphone portable avant et on faisait notre vie.

Au bureau ou à la maison ?

Un mélange des deux. Le matin, je vais au bureau. Vers 13 h-13 h 30, je dîne. Je fais ma marche. Et là je suis prêt à terminer ma journée à la maison. Pendant la pandémie, je ne pouvais pas venir au bureau parce que mon équipe ne voulait pas que je prenne de risques. J’ai « souffert » pendant trois mois à la maison [rires]. J’aime mieux être au bureau pour prendre le pouls, écouter les gens.

Un bon patron, c’est quelqu’un qui…

Écoute, observe, comprend, qui s’intéresse à la vie des gens. J’essaie de m’améliorer pour être un meilleur patron depuis… 40 ans.

La retraite idéale ?

Pour moi, c’est d’y aller progressivement. Tranquillement, déléguer de grandes responsabilités à la relève. Je veux me retirer en douceur. Et surtout, il faut que j’essaie de me trouver une passion, en dehors de la famille et de la business. C’est compliqué. L’hiver, le ski, et l’été, la natation. Mais ce n’est pas une carrière, ça. Je ne deviendrai pas un champion de ski demain matin.

Qui est Jean Benny ?

Âgé de 62 ans, Jean Benny a été élevé dans une famille de restaurateurs, où ses oncles et son père lui ont servi d’exemples.

Il a acquis sa première rôtisserie à l’âge de 19 ans.

En 2006, il a fondé Benny & Co. avec ses frères Yves et Vincent. L’objectif : réunir tous les restaurants de la famille sous un même nom.

Aujourd’hui, la chaîne compte 82 établissements et est gérée par la troisième génération de Benny.