Pêches et Océans Canada augmente considérablement les droits de pêcher le sébaste. De 25 000  tonnes, les quotas passent à 60 000 tonnes pour la saison qui commence.

C’est une excellente nouvelle pour plusieurs pêcheurs de crevettes qui devront se tourner vers d’autres espèces, le stock de crevettes s’étant effondré dans le golfe du Saint-Laurent.

Il reste toutefois à distribuer des droits de pêche aux entreprises, un processus complexe. Les pêcheurs de crevettes de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent auront droit à 10 % de ces quotas, tout comme les communautés autochtones.

Les répartitions restent dans le même esprit que ce qui avait été annoncé en janvier, les plus gros bateaux (100 pieds et plus) auront pratiquement 60 % des droits de pêche.

Il faut toutefois noter que la valeur du poisson est en deçà de celle des crevettes, ce qui ne règle pas la situation des crevettiers qui viennent de connaître une saison catastrophique, tellement que certains capitaines de bateaux québécois ont préféré ne pas aller en mer, car ça n’était tout simplement pas rentable.

Autre défi, une fois sorti de l’eau, il faudra trouver un moyen de valoriser ce poisson qui a quitté les assiettes des Québécois depuis l’imposition d’un moratoire, il y a une trentaine d’années.

En entrevue à La Presse la semaine dernière, la ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Diane Lebouthillier, a évoqué ce défi de revaloriser le sébaste.

« Comment on va donner de la valeur ajoutée à nos produits ? a demandé la ministre. On va arriver avec le sébaste, mais vous savez, dans la vie, il n’y a pas seulement des fish and chips ! » La ministre souhaite aussi une utilisation intégrale du poisson, pour éviter le gaspillage alimentaire.