Le Québec accueille de plus en plus d’immigrants et les intègre avec succès au marché du travail, où les salaires et les conditions de travail des nouveaux arrivants se sont améliorés considérablement depuis 10 ans, selon une étude de l’Institut du Québec.

Publié le 1er juin
Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

Alors que le gouvernement du Québec dit souhaiter accueillir moins d’immigrants pour en prendre soin, l’étude observe que les nouveaux arrivants sont de plus en plus nombreux et qu’ils s’intègrent bien au marché du travail.

L’écart entre le salaire des immigrants et celui de l’ensemble des travailleurs a diminué de 40 %, il y a 10 ans, à 1,3 %, souligne le portrait de l’Institut du Québec signé par Daye Diallo, Mia Homsy et Simon Savard.

Le taux de chômage des immigrants a fondu pendant la même période, passant de 12,7 % à 5,7 %, et le taux d’emploi des nouveaux arrivants a rattrapé et même dépassé celui de l’Ontario.

« L’intégration des immigrants au marché du travail québécois est un élément très positif, souligne la présidente de l’Institut, Mia Homsy. Pour ce qui est du taux d’emploi des 25-54 ans, qui est passé de 69,9 % à 81,9 % en 10 ans, c’est assez parlant. »

Les chercheurs constatent que le Québec recourt massivement à la main-d’œuvre temporaire pour satisfaire les besoins des entreprises, même si plusieurs d’entre elles estiment que le nombre ne suffit pas.

Le nombre d’immigrants temporaires a explosé au Québec entre 2016 et 2019. Il est passé de 12 671 à 61 668 et ils représentaient 64 % de tous les immigrants internationaux en 2019, contre 9 % en moyenne entre 2012 et 2016.

Ce n’est pas idéal, souligne Mia Homsy. « Les immigrants temporaires font parfois face à des difficultés sociales et économiques auxquelles les natifs et les immigrants reçus ne sont pas confrontés comme les permis de travail reliés à un employeur abusif ou inéquitable et des conditions de travail moins favorables », énumère l’étude.

L’intégration des immigrants au Québec connaît toutefois des ratés importants du côté des délais pour l’obtention de la résidence permanente, qui sont les plus élevés au Canada, et de la régionalisation, qui est un échec, estiment les chercheurs.

Une voie express vers les régions

Malgré tous les efforts pour attirer les immigrants dans les régions, 85 % des nouveaux arrivants s’établissent à Montréal. Dans le contexte actuel de la rareté de main-d’œuvre, l’économie des régions est hypothéquée par ce déséquilibre, pointe l’étude.

Les chercheurs proposent d’augmenter les seuils d’immigration de 10 000 personnes à qui on offrirait une voie rapide pour l’obtention d’une résidence permanente si elles s’installent en région.

Réduire les délais

Le Québec doit obtenir plus de pouvoirs d’Ottawa pour la vérification des dossiers d’immigration afin de réduire les délais qui s’étirent de façon inacceptable du côté fédéral, suggère l’Institut du Québec.

Dans le même but, il propose d’abolir l’obligation d’accumuler entre 12 et 18 mois d’expérience, ou 24 mois de travail dans le cas des immigrants temporaires, avant de pouvoir faire une demande de résidence permanente.

Consultez l’étude de l’Institut du Québec