Les assoiffés de voyage ou ceux qui rêvent de vacances à l’étranger achètent ces jours-ci billets et forfaits. Alors qu’une multitude d’imprévus peuvent mettre du plomb dans l’aile de vos vacances, voici cinq conseils pour limiter les risques avant de s’envoler.

Publié le 22 mai
Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse
Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

Difficile de prédire les prix

Comme s’ils essayaient de choisir le bon moment pour entrer dans les marchés boursiers, bon nombre de consommateurs de voyages essaient de prédire le bon moment pour acheter billets et forfaits. En suivant la fluctuation des prix, ils attendent à la dernière minute ou s’y prennent très longtemps d’avance pour obtenir le meilleur.

Comme à la Bourse, la stratégie de synchronisation avec le marché n’est pas la meilleure, selon les experts de l’industrie.

« Il y a eu une hausse des tarifs qui n’a pas duré longtemps, affirme au téléphone Lyne Rose, présidente de Voyages Bergeron. C’est toujours une question d’offre et de demande. Les fournisseurs montent les prix, mais si les prix sont trop chers et que ça ne se vend pas, ça redescend. Cependant, c’est toujours dur de prédire à quel moment ça va se produire, c’est comme la Bourse. »

Que conseille-t-on au consommateur dans un contexte de guerre, de hausse du prix de l’essence, d’inflation et de pandémie ?

« Dans ce contexte d’incertitude, on recommande à nos clients d’aller tout de suite de l’avant avec un achat pour geler le prix qui les intéresse, s’assurer d’avoir de la disponibilité et d’avoir des tarifs intéressants. Que ce soit pour cet été, pour l’automne ou l’hiver prochain », soutient de son côté Justin Bordeleau, copropriétaire et vice-président de Voyages Arc-en-ciel.

PHOTO FOURNIE PAR JUSTIN BORDELEAU

Justin Bordeleau, copropriétaire et vice-président de Voyages Arc-en-ciel

La demande va probablement dépasser l’offre, car plusieurs ont repoussé leur voyage depuis deux ans.

Justin Bordeleau, copropriétaire et vice-président de Voyages Arc-en-ciel

« Mais si on réserve longtemps d’avance, il faut être plus prudent et bien se protéger », précise-t-il.

Jusqu’à présent, les consommateurs ont plutôt opté pour la prudence. Ils réservent à la dernière minute, observe Annick Guérard, présidente et cheffe de la direction de Transat A. T., lors d’une entrevue avec La Presse. « Étant donné que tous les transporteurs donnent de la flexibilité au consommateur pour réserver et faire des changements à la dernière minute, les consommateurs s’en prévalent. On regarde des vols en juin, on voyait qu’ils ne sont pas trop bien remplis, mais dans les dernières semaines, hop hop hop, ça commence en masse. »

Chez Sunwing, on voit non seulement cette tendance d’achat de dernière minute pour les voyages tout compris, mais aussi celle pour des réservations d’escapades tropicales à l’automne 2022 et même à l’hiver 2023.

Protéger votre investissement

Quand on ne veut pas se fier qu’au Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages (FICAV) et à sa lenteur légendaire pour se faire rembourser, quelles sont les options ? S’il n’y a pas de pilote dans l’avion qui devait nous transporter en Europe ? Si notre destination change ses règles à cause d’une nouvelle vague de COVID-19 ?

La carte de crédit voyage est une bonne option. Comme elle offre la rétrofacturation, elle s’est avérée rapide et efficace pour bon nombre de consommateurs dont le voyage a été annulé à cause de la COVID-19 en 2020. Elle coûte de 110 $ à 150 $ selon le revenu du détenteur et de la famille.

« On est très prudents dans notre façon d’accompagner les clients, indique au téléphone Justin Bordeleau, de Voyages Arc-en-ciel. On leur demande de protéger leur investissement avec des options de flexibilité ou en réservant des classes tarifaires qui permettent de la souplesse. »

Ces options coûtent de 50 $ à 150 $ par personne selon le transporteur, explique-t-il. « Ça permet d’annuler notre forfait sans perdre ce qu’on a investi. Dans le contexte qui perdure, on vend énormément de ces formules-là. »

Les transporteurs offrent chacun leurs types de billets d’avion avec des niveaux de couverture variables selon le prix. « Il y a plusieurs grades dans les billets d’avion et c’est sûr que ça coûte plus cher d’avoir toutes les latitudes », lance sans détour Lyne Rose, de Voyages Bergeron.

PHOTO FOURNIE PAR LYNE ROSE

Lyne Rose, présidente de Voyages Bergeron

En 2019, on pouvait prendre le risque d’acheter le billet le moins cher possible même s’il restait quand même 100 % non remboursable. On avait l’impression qu’il y avait moins de risques.

Lyne Rose, de Voyages Bergeron

Un voyageur qui souhaite faire de multiples correspondances sans risque doit faire inscrire tous les vols en même temps sur le même billet.

« Les voyageurs qui combinent des petits vols qui ne sont pas émis ensemble n’ont pas de protection s’il y a un retard au premier vol et qu’ils ne se présentent pas au deuxième », souligne Justin Bordeleau.

Flexibilité à géométrie variable

Chez Air Canada, la politique flexible d’annulation et de modification mise en œuvre durant la pandémie est toujours en vigueur pour tous les types de billets achetés, affirme par courriel Pascale Déry, directrice des relations avec les médias.

« Si la société aérienne annule un vol ou en modifie l’horaire de plus de trois heures, elle offre un remboursement complet selon le mode de paiement original, un bon de voyage Air Canada ou la valeur équivalente en points Aéroplan, auxquels points s’ajoute une bonification de 65 % », écrit-elle.

Pour avoir une flexibilité totale avec le pouvoir d’annuler son voyage, la différence de prix est époustouflante.

Par exemple, chez Air Canada, un vol non remboursable aller-retour Montréal-Paris le 14 juin avec retour le 21 juin coûte 903,25 $, une valise incluse. Le même vol remboursable avec frais se vend 1995,25 $. Celui complètement remboursable en classe économique s’élève à 3644,25 $ et permet d’annuler une réservation au plus tard 45 minutes avant le départ.

Chez Transat, il est impossible d’annuler un vol dans les 24 heures avant le départ. Pour un vol aller-retour Montréal-Paris le 14 juin et retour le 21 juin, le billet remboursable avec frais de 200 $ s’élève à 977,02 $ avec une valise incluse tandis que celui remboursable sans frais plus de 24 heures avant le départ coûte 2358,02 $.

Avant le 21 avril 2022, les clients d’Air Transat qui réservaient un billet aux tarifs Eco Budget, le tarif le plus bas sans valise, ou Eco Standard, avec une valise et la sélection des sièges incluses, n’avaient pas la possibilité d’obtenir un remboursement.

Chez Sunwing, le tarif ordinaire ne permet pas d’annulation sans frais. Il faut opter pour le tarif flexible ou le tarif ferme. « Notre Plan de protection Sans souci, offert à partir de 49 $ par personne, permet aux clients d’annuler leur voyage jusqu’à trois heures avant le départ, peu importe la raison, et de recevoir un remboursement. Une partie du remboursement peut être sous forme de crédit voyage Sunwing, en fonction de la date d’annulation », explique par courriel Marie-Josée Carrière, directrice marketing sénior Québec pour le Groupe de voyage Sunwing.

Vérifier votre couverture d’assurances

Avant d’acheter une assurance, vérifiez si vous avez une carte de crédit voyage, de type World Elite, qui couvre les annulations de voyage pour cause de maladie ou de décès. Dans ce cas, l’achat de billet à très bas prix pourrait être remboursé sans que vous n’ayez besoin de prendre une assurance supplémentaire de la compagnie aérienne ou toute autre offerte par l’agence de voyages.

Si vous êtes du genre à annuler un voyage à quelques heures d’avis pour n’importe quelle raison, il est alors préférable d’acheter le billet d’avion ou le forfait qui sera remboursé sans justification.

Certaines cartes de crédit voyage offrent aussi une assurance maladie et vous dédommagent en cas de perte ou de bris de bagages. Ce type d’assurances est également offert par différentes compagnies d’assurances et proposé lors de l’achat de billets et de forfaits voyages.

Pour ce qui est du produit d’assurance spécifiquement pour la COVID-19, il se vend beaucoup moins, constate Annick Guérard, de Transat. « À part les États-Unis, dans tous les pays où on opère, il n’y a plus d’exigence de tests négatifs pour voyager. Donc, maintenant, c’est à la discrétion du passager. Si la personne se sent plus à l’aise de voyager avec des assurances COVID-19. Les assurances voyage, c’est toujours important, mais une assurance spécialement COVID-19, si la personne est vaccinée, c’est à la discrétion de la personne. »

La pandémie n’est pas finie

Malgré les allégements, il y a des pays où la situation reste sous surveillance. « Il reste des pays qui ont encore des conditions particulières d’entrée et de sortie. C’est d’ailleurs toujours le cas pour la plupart des pays concernant les voyageurs qui ne sont pas adéquatement vaccinés », explique Justin Bordeleau, dont les conseillers en voyage des agences restent aux aguets au sujet des différentes consignes.

Les voyageurs qui n’ont pas reçu deux doses de vaccin ne peuvent pas monter à bord d’un avion en partance du Canada ni d’un train.

« Nous avons une page consacrée aux exigences de voyage à Sunwing.ca qui contient des informations à jour sur les exigences d’entrée par destination ainsi que des renseignements utiles pour chaque étape du voyage », précise Marie-Josée Carrière, du Groupe de voyage Sunwing.

Les remboursements sont-ils terminés ?

Nous avons réglé tous les remboursements des clients qui en avaient fait la demande lorsque la politique a été annoncée à l’origine. Un petit nombre de demandes continue de nous provenir pour des raisons de validité ou d’exception ; nous les traitons au cas par cas.

Pascale Déry, directrice des relations avec les médias chez Air Canada

Sauf d’éventuels cas très particuliers hors de notre contrôle, les remboursements demandés de crédits voyages liés à la pandémie sont intégralement faits.

Christophe Hennebelle, vice-président RH et affaires publiques chez Transat

Les clients dont les réservations non remboursables admissibles ont été annulées à cause de la pandémie de COVID-19 et qui ont soumis une demande de remboursement avant la date limite ont été remboursés.

Marie-Josée Carrière, directrice marketing sénior Québec pour le Groupe de voyage Sunwing