(Québec) François Legault veut abolir les bonis aux dirigeants des sociétés d’État « dans certains cas », mais justifie la rémunération de plus de 6,8 millions accordée en 2021 au grand patron de la Caisse de dépôt et placement (CDPQ).

Publié le 4 mai
Patrice Bergeron La Presse Canadienne

Son ministre des Finances, Eric Girard, s’est montré toutefois beaucoup plus réticent.

Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ) ont lancé les premières salves en matinée mercredi matin, au lendemain de révélations sur les bonis versés à la Société des alcools du Québec (SAQ) et à Loto-Québec pour l’année 2021.

La SAQ a accordé pour 9 millions de bonis à tout son personnel. Loto-Québec versera entre 4 et 5 millions à son personnel, mais pas à ses hauts dirigeants, tandis qu’à la Société québécoise du cannabis, ce sera zéro boni.

« Je demande au premier ministre de mettre fin aux partys des bonis dans les directions de nos sociétés d’État, a réclamé le porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois. C’est indécent et ça doit cesser. »

À la période de questions, François Legault a laissé entendre qu’il préférerait qu’on élimine cette rémunération incitative, mais une fois que chacun des contrats avec des hauts dirigeants arrivera à terme.

« Dans certains cas, on devrait graduellement, quand les contrats vont arriver à échéance, cesser de payer ces bonis-là. »

« Non, je ne suis pas en faveur de ça », dit Girard

En après-midi, questionné par le député péquiste Martin Ouellet en commission parlementaire, M. Girard s’est plutôt opposé à l’abolition de la rémunération variable des dirigeants des sociétés d’État « à vocation commerciale » comme la SAQ ou Loto-Québec.

Le Parti québécois propose qu’on mette fin à la rémunération variable sans ajuster en contrepartie à la hausse la rémunération fixe.

« Non, je ne suis pas en faveur de ça, a dit M. Girard. On y perdrait au change parce qu’on n’aurait pas l’évaluation de la performance (du dirigeant) dans sa rémunération. »

Rémunération de Charles Emond

À défaut de défendre les bonis, M. Legault a défendu la rémunération accordée à Charles Emond par le conseil d’administration de la Caisse.

La rémunération globale du patron de la CDPQ a atteint 4,5 millions en 2021, soit 30,5 % par rapport à la même période l’an dernier. Et de surcroît, il a obtenu une « prime compensatoire » de 1,8 million, pour avoir renoncé à des revenus à venir de son ancien employeur, la Banque Scotia.

« Il y a un montant important qui a été payé à la Banque Scotia, pas à l’individu, mais à la Banque Scotia pour permettre d’avoir un dirigeant de qualité à la Caisse de dépôt, qui aurait eu des bons rendements, qui a amené des centaines de millions, si ce n’est pas des milliards de plus », a argué le chef caquiste.

Il estime que la rémunération du président de la Caisse est « comparable » à ce qui avait été versé à ses prédécesseurs.