Hydro-Québec a stoppé les travaux de construction de la portion québécoise de la ligne de transport, un investissement de 600 millions qui doit lui permettre d’exporter son électricité au Massachusetts en passant par le Maine.

Publié le 25 janvier
Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

L’arrêt des travaux au Québec survient alors que la construction de la ligne sur le sol américain est paralysée en raison du référendum qui a rejeté le projet d’Hydro-Québec et de son partenaire New England Clean Energy Connect (NECEC).

Hydro-Québec et NECEC contestent la constitutionnalité du référendum devant les tribunaux et leur cause doit être entendue au mois de mai. La permission de continuer les travaux déjà bien avancés au Maine en attendant cette audition leur a été refusée.

Au Québec, Hydro-Québec est responsable de la construction d’un lien de 103 kilomètres entre le poste des Appalaches, près de Thetford Mines, et la frontière américaine à Lewiston, dans le Maine. Le projet, estimé à 600 millions, a reçu le feu vert du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement et du gouvernement du Québec.

La décision d’Hydro-Québec de stopper les travaux a été signifiée le 19 janvier à la Régie de l’énergie du Canada, qui a délivré un permis pour le projet parce qu’il s’agit d’un lien transfrontalier.

Hydro-Québec interrompt ses activités de déboisement et de construction des chemins d’accès de la ligne d’interconnexion, lesquelles étaient rendues à 70 % d’avancement, ainsi que les travaux d’agrandissement du poste des Appalaches.

Hydro-Québec dans son avis à la Régie

« Au cours des prochaines semaines, Hydro-Québec procédera à la sécurisation des sites de construction, précise la missive. Une surveillance environnementale des lieux sera également déployée durant toute la période de suspension. »

Aucune date n’est avancée pour une possible reprise des travaux. Hydro-Québec dit seulement espérer pouvoir reprendre les travaux et « demeure convaincue de la valeur, des mérites et de l’importance du projet », a-t-elle fait savoir.

« Ce projet est au ralenti, a fait savoir la porte-parole Caroline Des Rosiers. Certains volets sont mis sur pause mais des travaux se poursuivent, dont l’ingénierie. On a confiance qu’on pourra reprendre l’ensemble des travaux. »

Bataille judiciaire

L’avenir du contrat d’exportation d’une durée de 20 ans entre Hydro-Québec et le Massachusetts est en suspens depuis qu’un référendum citoyen s’est prononcé contre le projet, le 2 novembre 2021. Les travaux de construction du côté américain étaient déjà commencés depuis janvier 2021, une fois que tous les permis et autorisations ont été obtenus.

Le partenaire d’Hydro-Québec affirme avoir déjà dépensé 450 millions US, soit 43 % des quelque 1,2 milliard US qui doivent être investis dans la nouvelle interconnexion.

La mise en service de la ligne de transport a été reportée plusieurs fois. Hydro-Québec s’est engagée à livrer 9,45 térawattheures d’électricité au Massachusetts pendant 20 ans, un contrat qui doit lui rapporter plusieurs milliards de dollars de revenus supplémentaires. Le prix de vente moyen de l’électricité est de 8,8 cents le kilowattheure, soit le double du tarif industriel au Québec.

Le projet de ligne de transport qui passe par le Maine est la solution de rechange développée par Hydro-Québec et son partenaire américain après que leur premier tracé, qui aurait traversé le New Hampshire, a été rejeté.