Le célèbre bar de la rue Saint-Denis et son jardin-terrasse pourraient être remplacés par un projet mixte commercial et résidentiel

Publié le 20 janvier
André Dubuc
André Dubuc La Presse

Lieu de souvenirs mémorables pour des générations d’étudiants, le bar Le Saint-Sulpice, institution de la rue Saint-Denis à Montréal, est à vendre. Selon le courtier, les acheteurs potentiels souhaitent bâtir des logements en lieu et place de son immense jardin-terrasse à l’arrière qui a contribué à la popularité de l’endroit.

Situé tout près de l’UQAM et du cégep du Vieux Montréal, Le Saint-Sulpice se compose de deux bâtiments de quatre étages, dont les façades sont protégées. Son voisin est l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, édifice auquel le gouvernement provincial cherche désespérément une nouvelle vocation.

Le bâtiment qui abrite le Saint-Sulpice, au 1680, rue Saint-Denis, était à l’origine une résidence victorienne érigée à la fin du XIXe siècle par le président de la Banque d’Hochelaga ; par la suite, le lieu a été la résidence du lieutenant-gouverneur Évariste Leblanc, selon la description qu’en fait le site canada-listing.com.

Le bar a été fondé en 1980 par le docteur en psychologie Maurice Bourassa et son conjoint, feu Pierre-Luc d’Orsonnens, diplomate. M. Bourassa en est aujourd’hui l’unique propriétaire. Nos efforts pour lui parler sont restés vains.

L’établissement a fermé ses portes pendant la pandémie. « Le lieu a servi à des tournages récemment. J’ai vu des camions tout autour », dit Sundeep Patel, responsable des opérations de la Société de développement commercial du Quartier latin. Celui qui travaille depuis 13 ans à la SDC garde espoir que l’établissement rouvrira ses portes avec la floraison des lilas et la fin des mesures sanitaires.

Il est vrai que ce n’est pas la première fois que la propriété est offerte à la vente. La Presse rapportait sa mise en vente en mars 2019 sous la plume de notre collègue Yvon Laprade. À l’époque, le propriétaire demandait 15,6 millions. « On avait eu beaucoup d’offres, mais rien ne s’était concrétisé. Il tient à son prix », dit aujourd’hui Eduardo Novoa, courtier immobilier à la division commerciale du Groupe Immobex, pour expliquer pourquoi la vente n’avait pas eu lieu à l’époque.

Cette fois, M. Bourassa a scindé sa propriété en deux : les deux bâtiments dans un lot et le terrain de 1331 m⁠2 à l’arrière dans l’autre. Il demande 7,5 millions pour les bâtiments et 7,5 millions pour le terrain.

« Le but est vraiment de vendre l’ensemble à un seul acheteur », précise le courtier contractant.

Au prix demandé, la plupart des promoteurs qui nous contactent ont l’intérêt d’y faire un projet mixte avec du commercial sur Saint-Denis et du résidentiel à l’arrière, sur Sanguinet où le zonage est résidentiel.

Saguy Elbaz, courtier chez Sotheby’s International

En général, la hauteur permise est de quatre ou cinq étages dans le secteur, précise-t-il.