(Montréal) D’ici la fin de l’année, il sera plus facile d’obtenir une carte de crédit Visa auprès de la Banque Laurentienne, assure Rania Llewellyn, sa présidente et cheffe de la direction, qui présentait lundi les grands pans de sa stratégie lors d’une conférence virtuelle de RBC Marchés des capitaux.

Publié le 10 janvier
Stéphane Rolland La Presse Canadienne

La Banque Laurentienne a dévoilé en décembre un plan stratégique, dont l’un des axes est de rattraper son retard technologique qui est une source d’irritants pour les clients. Pour accélérer la transition, l’institution financière montréalaise compte sur la recherche de partenariats. Le lancement d’une application mobile en décembre, en sept mois, est présenté par la dirigeante comme un exemple à suivre.

La prochaine étape sera d’accélérer le traitement des demandes pour l’obtention d’une carte de crédit Visa, a dit Mme Llewellyn lors de la conférence virtuelle. Quelques jours avant Noël, la Laurentienne a annoncé qu’elle avait conclu une entente avec la Financière Brim, une fintech torontoise, afin d’intégrer sa plateforme.

« L’autorisation d’une carte de crédit Visa avec nous prend 25 jours, a dit Mme Llewellyn. Avec Brim, nous serons capables de le faire en temps réel en ligne. Les clients pourront également recevoir une carte virtuelle, ce qui leur permettra de faire des transactions immédiatement. »

La Banque Laurentienne veut conclure d’autres ententes. Sans nommer l’entreprise, Mme Llewellyn affirme avoir des discussions avec un partenaire potentiel dans le segment des services hypothécaires. « Nous évaluons la possibilité de conclure des partenariats à travers l’organisation que ce soit pour le côté opérationnel ou d’autres parties de l’entreprise. »

La dirigeante espère que le rattrapage de son retard technologique facilitera la vente croisée de produits. « Prenons l’exemple d’un client à l’extérieur du Québec, qui a une hypothèque avec nous, mais qui ne peut pas ouvrir un compte bancaire en ligne. Nous serons capables de le rejoindre. »

Avec son plan stratégique, la Laurentienne veut générer une croissance de son bénéfice ajusté par action de plus de 5 % au cours de l’exercice 2022. Elle espère atteindre un rythme de 7 % à 10 % à moyen terme.

Expansion américaine et ESG

Au cours de l’entretien, l’analyste Darko Mihelic, de RBC Marchés des capitaux, a admis qu’il avait été surpris par l’objectif de prendre de l’expansion aux États-Unis, dévoilé en décembre. La Laurentienne veut accroître la taille de son portefeuille de prêts commerciaux aux États-Unis, qui passerait de 14 % à plus de 18 % des prêts en 2024.

Depuis l’achat de Northpoint Commercial Finance, spécialisée dans le financement d’inventaire, en 2017, l’acquisition a presque doublé la taille de ses actifs, a rappelé Mme Llewellyn. Elle croit qu’il y a encore beaucoup d’occasions pour croître dans le segment.

Elle a mentionné que plus de 81 % des clients aux États-Unis envisageraient de recommander les services de la Laurentienne. « Ceux qui nous connaissent nous aiment. C’est une entreprise qui a d’excellentes marges, nous avons réussi à accroître la taille de notre clientèle de 20 % en pleine pandémie. Alors, oui, nous sommes très optimistes. »

La banquière a aussi réitéré l’importance des critères ESG dans sa stratégie et que ces principes allaient guider les décisions de l’institution financière. Elle a donné en exemple le fait que la Financière Brim, avec qui elle a conclu un partenariat pour les cartes Visa, est une entreprise fondée par une femme d’affaires immigrantes (Rasha Katabi).

Elle croit que l’attention portée aux critères ESG lui permettra de percer de nouveaux marchés. « Je pense que ça va nous aider à attirer des clients qui accordent une grande importance aux principes ESG. »