La richesse énergétique du Québec doit servir en priorité aux Québécois, révèle la consultation lancée au printemps dernier par Hydro-Québec pour connaître les aspirations et les ambitions de sa clientèle.

Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

Majoritairement, les participants à cette consultation veulent que l’hydroélectricité serve d’abord à convertir les entreprises polluantes québécoises et à encourager l’utilisation de voitures électriques, plutôt qu’à attirer des entreprises étrangères ou à encourager les transports en commun.

Les Québécois avaient été invités par Hydro-Québec à se prononcer sur l’économie verte, la mobilité et la consommation d’énergie. La transformation de l’économie vers une économie plus verte est le thème qui a remporté le plus d’adhésion (50 %), suivi du changement dans les habitudes de consommation (32 %) et du transport durable (18 %). Les exportations ne faisaient pas partie des sujets abordés par Hydro-Québec pour cette consultation qui a eu lieu avant l’annonce du deuxième contrat important conclu avec l’État de New York, après celui du Massachusetts.

À son arrivée à la tête d’Hydro-Québec, en avril, la PDG Sophie Brochu a mis de côté le plan stratégique 2020-2024 que venait de proposer son prédécesseur Éric Martel et en a promis un nouveau qui refléterait mieux les changements survenus dans le monde de l’énergie. Les résultats de la consultation seront analysés et intégrés à ce nouveau plan de match dont la publication est prévue au cours des prochains mois.

26 855 participants

L’initiative baptisée Énergie en commun a été « incroyablement bien accueillie par la population », selon Hydro-Québec, dont c’était la première expérience du genre. Il y a eu 26 855 participants, dont la moitié, soit 12 309 Québécois, ont proposé au moins une idée, pour un total de 15 207 suggestions reçues. Lancée en avril, la consultation a pris fin le 20 juin.

« Les défis de la transition énergétique sont considérables, et pour les relever, il nous faut plus que la volonté d’une entreprise, mais l’ambition de toute une population. L’engouement de la population pour Énergie en commun montre qu’il y a un désir collectif très fort de participer activement et de se mettre en mouvement ensemble », a souligné Sophie Brochu

« La prochaine étape est de sélectionner les idées et les initiatives les plus porteuses afin de les réaliser », a fait savoir la société d’État. Les initiatives jugées les plus intéressantes seront rendues publiques en 2022.

Priorité : transformer l’économie

Pour transformer l’économie, les Québécois sont d’avis qu’il faut d’abord convertir les entreprises polluantes d’ici (84 %) avant d’attirer des entreprises étrangères pour qu’elles bénéficient de notre énergie verte (9 %). À 95 %, les participants souhaitent qu’Hydro-Québec soutienne les PME québécoises qui innovent dans le secteur des énergies vertes.

Hydro-Québec a fait de la croissance de la culture en serre une nouvelle avenue de développement, ce qu’approuvent 56 % des répondants, même si les fruits et légumes coûtent plus cher. Une proportion non négligeable, soit 34 %, préfère consommer des produits locaux en saison seulement.

Des voitures et des bornes

Pour se déplacer sans polluer, les participants privilégient très largement l’utilisation d’une voiture électrique plutôt que les transports en commun. Ils veulent aussi plus de bornes de recharge ultrarapides (53 %), plutôt que des investissements dans les transports collectifs et actifs (33 %). Paradoxalement, 48 % des répondants se disent prêts à prendre les transports en commun plutôt que leur voiture (chaque fois que c’est possible).

Consommer différemment

Les façons de consommer l’énergie sont le thème qui a suscité le plus de propositions de la part des Québécois. Quelque 40 % des idées soumises à Hydro-Québec concernent la consommation plus responsable de l’électricité. Chez les plus jeunes, soit dans la catégorie des 25 à 34 ans, les suggestions portaient sur la récupération d’énergie.

Presque tous les répondants (95 %) veulent qu’Hydro-Québec encourage la construction de maisons qui consomment moins d’énergie et un nombre à peine moins élevé (84 %) voudraient que la société d’État récompense les clients qui économisent l’énergie.

Ici comme ailleurs, les consommateurs d’électricité veulent avoir le contrôle de leur facture. Ils sont 69 % à vouloir une application pour gérer leur consommation d’électricité et 73 % à vouloir payer plus pour des appareils électriques moins énergivores.

Appel à tous

Et vous, que proposez-vous pour optimiser l’utilisation de l’énergie produite par Hydro-Québec ? Quelles seraient vos priorités ? Comment souhaitez-vous modifier nos habitudes de consommation ? Qu’aimeriez-vous proposer à la société d’État ? Nous publierons quelques-unes de vos réponses avec vos noms.

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