En ces temps de pénurie, les employeurs qui veulent séduire de futurs employés et les garder doivent miser sur la conciliation travail-famille plutôt que sur le salaire. C’est ce que conclut un nouveau sondage d’ADP Canada publié mardi.

Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse

Le tiers des travailleurs canadiens (32 %) sondés ont dit accorder une importance plus grande à cette conciliation travail-famille pour rester dans leur milieu de travail ou pour explorer de nouvelles possibilités d’emploi.

Pendant la pandémie, 15 % des travailleurs ont volontairement changé d’emploi ou quitté le marché du travail. Interrogés sur les raisons qui ont motivé cette décision, 33 % des travailleurs ont cité des changements dans leur vie personnelle, 29 %, le besoin de limiter la charge de travail et le stress, tandis que 28 % voulaient avoir des horaires plus flexibles.

Lorsqu’on interroge les employés qui travaillent à domicile depuis mars 2020, les résultats sont encore plus probants. Bon nombre de Canadiens qui ont quitté en catastrophe le bureau avec leur ordinateur sous le bras, pensant revenir quelques semaines plus tard, ont fini par s’adapter et aimer ce nouveau mode de vie.

Par conséquent, neuf télétravailleurs sur dix espèrent continuer à faire du télétravail quelques jours, voire cinq jours par semaine, indique l’enquête. Ils sont d’ailleurs 39 % à affirmer que la conciliation travail-famille est plus importante pour eux maintenant qu’avant la pandémie, tandis qu’il s’agit du tiers des Canadiens en général qui ont changé leur perception d’avant la COVID-19. Seulement 20 % estiment que le salaire a gagné en importance depuis la COVID-19.

Les résultats selon l’âge

Lorsqu’on regarde les résultats par groupes d’âge, 42 % des Canadiens âgés de 35 à 54 ans mettent en priorité la conciliation travail-famille, comparativement à 37 % des répondants de 18 à 34 ans et 38 % de ceux âgés de 55 ans et plus.

« Ces données dressent une image claire de ce que les travailleurs canadiens recherchent et de ce que les employeurs devraient privilégier pour aller de l’avant, observe Heather Haslam, vice-présidente du marketing d’ADP Canada. Le travail et la vie personnelle ne sont pas des éléments indépendants qui se battent pour un équilibre 50/50. Pour attirer et retenir les employés, les entreprises doivent reconnaître que le travail et la vie personnelle sont intimement liés, l’un ayant une incidence sur l’autre. »

Des centaines de recherches sur ce sujet avaient conclu par le passé que bien qu’il faille être payé à sa juste valeur pour éviter le sentiment d’iniquité, la rémunération n’est pas l’enjeu principal de la satisfaction et du bonheur au travail.

L’enquête en ligne a été menée du 1er au 3 septembre 2021 par Maru/Blue auprès de 3032 adultes canadiens sélectionnés au hasard et faisant partie du panel de Maru Voice Canada. La marge d’erreur estimée est de +/- 2,2 %, 19 fois sur 20.