La société TGTA, à qui l’on doit l’aménagement du quartier général de l’intelligence artificielle à Montréal, lance la première phase de nouveaux bureaux à l’est du centre-ville de Montréal, au pied du pont Jacques-Cartier.

André Dubuc
André Dubuc La Presse

« Au début de la pandémie, le télétravail était vu comme la huitième merveille du monde. On en voit maintenant mieux les limites », dit au téléphone Martin Galarneau, associé chez TGTA. Il est persuadé de faire d’Esplanade Cartier un succès de l’envergure de son projet emblématique O Mile X.

Esplanade Cartier est un projet aux vocations résidentielle, commerciale et de bureau conçu et réalisé par le promoteur Prével, auteur de nombreuses constructions dans les quartiers centraux, comme le Lowney, dans Griffintown.

Entre autres caractéristiques, Esplanade Cartier comptera une placette publique, un parc central, des espaces d’agriculture urbaine et logera des organismes communautaires comme le Y des femmes.

Prével a confié à TGTA la partie bureaux du projet Esplanade Cartier, situé dans le quadrilatère formé de l’avenue De Lorimier, de la rue Sainte-Catherine, du boulevard René-Lévesque et de la rue Parthenais.

Pour les curieux, O Mile X est un ancien moulin à tricots désaffecté que TGTA et ses partenaires ont payé 17 millions en 2014 avant d’y investir 50 millions pour le retaper, puis de le remplir de locataires vedettes du secteur de l’intelligence artificielle (IA) comme Mila, l’Institut québécois de l’intelligence artificielle et l’Institut de valorisation des données (IVADO). Ils l’ont revendu en 2019 au groupe d’investisseurs californiens Spear Street Capital pour la somme de 153 millions, ou 410 $ le pied carré.

Oui, mais O Mile X, c’était avant la pandémie, lui a-t-on fait remarquer.

PHOTO TIRÉE DU SITE DE PRIMER STUDIO

Le projet Esplanade Cartier

« Le bureau demeure pertinent, rétorque M. Galarneau sans se démonter. Évidemment, il y aura probablement plus de télétravail post-pandémie qu’avant la pandémie. D’un autre côté, la tendance bien répandue de réduction importante du pied carré occupé par employé a été stoppée net. On s’en va dans une autre direction. »

Le vent dans les voiles

Il fait valoir que l’économie montréalaise a le vent dans les voiles, en particulier dans les secteurs des sciences de la vie, de l’IA et des jeux vidéo.

« Bien malin celui qui est capable de prévoir comment le tout va tomber en place dans deux ou quatre ans », soutient-il.

On en revient donc à l’essentiel.

Il y a des critères objectifs qui font en sorte que c’est une excellente localisation : métro, qualité du projet de Prével, proximité de la rue Sainte-Catherine, nous croyons énormément dans le site.

Martin Galarneau, associé chez TGTA

Le milieu de travail comme facteur d’attraction devient essentiel, selon M. Galarneau, en raison de la pénurie de main-d’œuvre qui sévit dans bien des secteurs.

Néanmoins, la pandémie a eu son impact. La première phase de bureaux a été réduite de moitié, de 150 000 à 75 000 pieds carrés. Au total, le projet engloberait jusqu’à 600 000 pieds carrés de bureaux répartis dans trois immeubles. Autre répercussion, des caractéristiques se sont imposées : parcours sans contact, traitement de l’air aux rayons UVC, fenêtres ouvrantes, terrasses privées et espace « lounge » au rez-de-chaussée.

La tâche de trouver de bons locataires a été confiée à André Plourde, courtier d’expérience de l’agence Colliers. « TGTA et Prével ont déniché un site d’exception qui permettra de créer un quartier stratégiquement situé à proximité du centre-ville. Dans le contexte de l’après-pandémie, les entreprises sont résolument déterminées à offrir un environnement de travail stimulant, performant et sécuritaire afin d’attirer et retenir le talent », dit l’expert immobilier dans un communiqué. Les bureaux seront livrés à la mi-2023.