Ottawa verse 40 millions pour créer le Réseau de l’Accélérateur de commercialisation d’innovation minière (ACIM), une association qui aidera les différents acteurs de l’industrie minière à se regrouper pour mieux déployer les nouvelles technologies canadiennes.

Rafael Miró
Rafael Miró La Presse

Ottawa investira conjointement avec des entreprises privées, pour un total de 112,4 millions. La création de l’ACIM sera pilotée par le Centre pour l’excellence en innovation minière (CEIM), une organisation qui promeut et supervise la commercialisation d’innovations technologiques dans le secteur minier.

« On va donner les moyens aux entreprises de créer des emplois, on va créer des innovations qui vont améliorer la qualité de vie des travailleurs et des travailleuses et on va se positionner comme chef de file mondial », a résumé François-Philippe Champagne, ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie du gouvernement fédéral. L’annonce du gouvernement (retransmise par téléconférence) s’est déroulée à la mine LaRonde, en Abitibi-Témiscamingue.

L’ACIM, qui sera situé à Sudbury, bâtira des ponts entre les différentes régions minières et les acteurs de l’industrie au pays, avec l’objectif de faciliter la recherche et la diffusion d’innovations technologiques dans l’industrie. « Accélérer le déploiement commercial des innovations représente un défi majeur, qui doit être relevé avec créativité », a souligné lors du point de presse Alain Beauséjour, directeur général du groupe MISA, une entreprise d’innovation technologique située au Québec.

Nous vivons une période de grande effervescence dans l’industrie minière. […] La gestion des données, l’automatisation et les applications d’intelligence artificielle se déploient très rapidement.

Alain Beauséjour, directeur général du groupe MISA

Christian Goulet, directeur général du complexe minier LaRonde, a détaillé comment le site a été un laboratoire pour les développements technologiques dans les dernières années. C’est dans le secteur LZ5 de la mine qu’a d’abord été testée une technologie LTE permettant de communiquer à plus de trois kilomètres de profondeur, une première mondiale. Cette technologie a ensuite permis à l’entreprise d’automatiser davantage ses activités : certains véhicules d’extraction, qui devaient auparavant être pilotés par des travailleurs au fond de la mine, peuvent désormais être contrôlés de la surface. D’après Christian Goulet, les technologies développées dans le secteur LZ5 sont ensuite exportées dans les autres exploitations minières de l’entreprise.

Une relance verte

Selon Ottawa, l’investissement entraînera la création de 900 emplois au pays, y compris dans les régions nordiques. L’ACIM permettra aussi l’émergence d’au moins 12 entreprises et de 30 nouveaux produits technologiques. L’industrie minière canadienne, qui représente 5 % du PIB du pays et 719 000 emplois directs ou indirects, est l’une des plus avancées du monde sut le plan de la technologie.

Ce coup de pouce économique se fera dans le souci de rendre l’industrie minière plus respectueuse de l’environnement, alors qu’elle est encore à ce jour l’une des plus polluantes du pays. « Quand on parle de relance économique en 2021, elle doit d’abord et avant tout être verte », a déclaré le ministre Champagne. « C’est ce que les investisseurs recherchent, c’est ce que les consommateurs exigent, et c’est ce que nous, comme citoyens et comme gouvernement, on souhaite. »

Les 40 millions injectés par le gouvernement fédéral proviennent du Fonds stratégique pour l’innovation, un programme de plusieurs milliards de dollars créé en 2017 pour faire croître l’économie canadienne en stimulant l’innovation technologique.