Il faut renforcer la structure de mentorat pour élargir l’accès à l’économie montréalaise des jeunes pousses.

Graham Carr Recteur de l’Université Concordia

En décidant de mettre à profit leur doctorat en épidémiologie à l’Université McGill pour créer Precision Analytics, un fournisseur de solutions d’analyse de données dans les domaines de la santé et des sciences de la vie, Erika Braithwaite et Kathryn Morrison savaient qu’elles tenaient une idée prometteuse. 

Toutefois, elles ont eu besoin de l’aide d’un trio multidisciplinaire de mentors chevronnés de District 3, le Centre d’innovation de Concordia, pour transformer cette idée en entreprise qui attirerait les investisseurs, créerait de l’emploi, serait adaptée au marché et améliorerait la vie des gens.

Maintenant que Montréal reprend vie après la pandémie de COVID-19, nous devons aider les jeunes entrepreneurs hautement qualifiés comme Erika et Kathryn à déployer leur ingéniosité pour revitaliser l’économie.

Toutes mesures confondues, Montréal se classe parmi les villes universitaires les plus dynamiques du monde. Notre ville est un pôle de diversité pour la nouvelle génération, attirant plus de 200 000 étudiants et étudiantes de niveau postsecondaire du Québec, du Canada et de plus de 150 pays.

En Amérique du Nord, seul Boston dispose d’un bassin de talent plus vaste. Or, pour ce qui est du soutien accordé au talent et aux jeunes entreprises, Montréal se classe malheureusement loin derrière Boston.

Selon Startup Genome, un organisme consultatif en matière de recherche et de politique de renommée mondiale, la valeur de l’écosystème montréalais des jeunes entreprises est d’environ 9 milliards de dollars américains annuellement. C’est impressionnant. Mais par rapport aux 96 milliards de dollars que vaut l’écosystème bostonnais, Montréal fait bien pâle figure. Boston occupe le 5e rang mondial pour le soutien économique accordé aux jeunes entreprises, tandis que Montréal arrive ex æquo à la 36place.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Graham Carr

Comment changer cela, surtout si l’on considère que Montréal est un chef de file mondial dans les secteurs de recherche essentiels à l’économie de nouvelle génération fondée sur le savoir tels que la santé et les sciences de la vie, la biotechnologie, l’intelligence artificielle, la cybersécurité ou le design et les arts numériques ?

Il n’existe aucune mesure unique pour élever instantanément l’écosystème montréalais d’innovation au même niveau que celui de Boston ou d’autres villes de calibre semblable. Toutefois, l’une des premières étapes importantes serait de resserrer les liens entre la recherche novatrice effectuée dans les universités, les visées entrepreneuriales d’étudiants et d’étudiantes comme Erika et Kathryn et les mentors extérieurs au milieu universitaire qui comprennent parfaitement les marchés et le milieu des affaires.

L’importance du mentorat

Depuis son ouverture en 2014, le Centre d’innovation District 3 de l’Université Concordia a encadré le lancement de plus de 600 jeunes entreprises. Mais le Centre a aussi constaté d’importantes lacunes dans l’écosystème d’innovation, puisqu’un grand nombre de ces jeunes pousses ont eu de la difficulté à se rendre plus loin et à devenir des entreprises viables.

C’est là que le programme MentorConnect entre en scène. Titulaire de la licence du programme Venture Mentoring Service du Massachusetts Institute of Technology, le programme MentorConnect de District 3 a fait ses preuves.

Pour les jeunes entreprises, l’aide de mentors peut faire la différence entre l’échec et la réussite. Le programme MentorConnect met ces entreprises en contact avec un trio de mentors aux expériences différentes, mais complémentaires, adapté à leurs besoins.

À ce jour, 25 nouvelles entreprises ont suivi le programme MentorConnect. Pour Erika et Kathryn, le mentorat a complètement changé la donne. Et pour les mentors – des chefs d’entreprise qui ont décidé de contribuer à la réussite entrepreneuriale –, l’expérience est tout aussi enrichissante.

Même s’il est établi à Concordia, District 3 s’adresse également aux étudiants et étudiantes d’autres universités. Et grâce au soutien financier de la Banque Nationale, MentorConnect servira désormais l’ensemble de la communauté montréalaise des jeunes entreprises.

La plupart des travaux de recherche universitaires ne sont pas entrepris à des fins commerciales. Mais l’innovation étudiante se manifeste sur tous les campus de la ville. Selon un récent sondage d’EY, 53 % des étudiants et étudiantes de la génération Z espèrent devenir propriétaires d’une entreprise d’ici 10 ans.

Consultez les résultats du sondage d’EY (en anglais)

Pour sortir de la pandémie à la tête d’une économie fondée sur le savoir, Montréal doit exploiter et nourrir cette ambition. Les programmes comme MentorConnect aideront notre ville à tirer pleinement parti du talent extraordinaire dont elle dispose et à le mettre au service de son écosystème de jeunes entreprises.

De façon plus générale, il faudra que les chefs d’entreprise et les autres professionnels et professionnelles offrent plus d’occasions de mentorat au sein de leurs organisations et de leurs réseaux respectifs.

Pour les jeunes entreprises, l’aide de mentors peut faire la différence entre l’échec et la réussite. Engageons-nous à investir dans ce genre de collaborations pour en récolter les fruits ensemble.