Construction de 1600 logements dans le secteur du métro Longueuil

André Dubuc
André Dubuc La Presse

Le nouveau centre-ville de Longueuil prend forme avec l’annonce officielle, mardi, de quatre nouvelles tours d’habitations représentant jusqu’à 1600 logements et des investissements de près de 800 millions.

On parle ici du secteur entourant l’édicule de métro enclavé entre le pont Jacques-Cartier et la route 132.

Dans son message aux médias, le promoteur Devimco a souligné l’audace et l’ambition de la Ville de Longueuil, qui a accepté de densifier le voisinage immédiat du métro à un niveau supérieur à ce qui est permis au centre-ville de Montréal. « C’est ambitieux », a reconnu Serge Goulet, président de Devimco, en mêlée de presse.

Pour les deux tours situées directement au-dessus du métro, la densité y sera en effet plus forte qu’au centre-ville de Montréal. On parle d’un coefficient d’occupation au sol (COS) autorisé de 17 au métro Longueuil–Université-de-Sherbrooke comparé à 12 pour le centre-ville de Montréal. Un COS de 17 signifie qu’on peut construire 17 pieds carrés de plancher par pied carré de terrain.

PHOTO FOURNIE PAR DEVIMCO

Projet de tours de Devimco dans le secteur du métro Longueuil

En ce qui a trait à la hauteur des immeubles, par contre, on ne verra pas de tours de 50 étages et plus à Longueuil comme on en verra bientôt à Montréal avec le 1, Square Phillips. Les tours de Devimco auront entre 25 et 40 étages.

Deux spécialistes en aménagement urbain que La Presse a joints se réjouissent de l’annonce d’un pareil projet.

La région métropolitaine de Montréal dans son ensemble a cruellement besoin de logements. Les pires logements sont ceux qu’on construit dans les périphéries lointaines où les gens sont dépendants de leur automobile. Le développement du centre-ville de Longueuil fait partie d’un développement positif au plan métropolitain.

Jean-Philippe Meloche, professeur agrégé à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal

« C’est une bonne chose de densifier le secteur. Le projet va renforcer le centre-ville de Montréal parce que c’est tellement près, à trois stations de métro, et qu’il s’inscrit dans une logique de transports en commun », indique pour sa part Christian Savard, directeur général de l’organisme Vivre en ville. « Ça peut devenir un très bon endroit pour les premiers acheteurs, comme Griffintown l’a été dans les dernières années. »

Plus de 10 000 logements d’ici 2035

Il s’agit d’un premier jalon pour le centre-ville de Longueuil, s’est réjouie la mairesse Sylvie Parent. « L’annonce d’aujourd’hui représente 20 % de la somme des investissements privés attendus dans le secteur du centre-ville d’ici 2035. » Par une règle de trois, on obtient la somme de 4 milliards en investissements privés d’ici 2035. « Pour tout le pôle du centre-ville, soit un rayon de 1 kilomètre autour de la station de métro, on prévoit l’ajout de 10 000 à 15 000 logements », poursuit-elle. Ces constructions se traduiront par des entrées additionnelles de fonds pour la Ville de 75 millions sur 10 ans.

La construction de la première tour résidentielle commencera en octobre prochain et durera une trentaine de mois. Elle est située dans le stationnement P2, juste en face du campus longueuillois de l’Université de Sherbrooke. Ce seront des unités en copropriété divise. Il y aura des studios et des appartements de une, deux ou trois chambres. Les prix de vente commencent à 235 000 $ pour les studios.

La tour numéro deux commencera à être érigée quelques semaines plus tard au-dessus de la station de métro, sans arrêt du service du métro. « Des millions en mesures de mitigation sont au programme », a souligné M. Goulet.

Il n’y a pas de logements sociaux prévus. Mais le promoteur fait valoir qu’à 235 000 $ pour des studios, son projet propose du logement abordable.