(Ottawa ) Après Lion Électrique, le gouvernement Trudeau offre un coup de pouce financier à Nova Bus. Celui-ci s’active sur deux fronts pour accélérer l’électrification des transports en commun dans les grandes villes du pays.

Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

D’une part, il accorde un soutien financier à des entreprises telles que Nova Bus afin d’augmenter la production d’autobus électriques au pays. Et de l’autre, il offre un incitatif important aux villes pour qu’elles achètent ces mêmes autobus électriques.

Ce mardi, le premier ministre Justin Trudeau et le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, annonceront un investissement de plus de 10 millions de dollars dans le projet de transformation de l’usine de Nova Bus à Saint-Eustache. Le coût total du projet pourrait friser les 190 millions, selon des informations obtenues par La Presse lundi. Le projet doit permettre à l’entreprise de produire une plus grande gamme d’autobus électriques, a-t-on indiqué.

« L’entreprise pourra ainsi demeurer concurrentielle pour ce qui est de répondre aux besoins de ses clients, et se préparer pour l’avenir, alors que les sociétés de transports en commun nord-américaines feront la transition vers les autobus zéro émission. Les autobus électriques de Nova Bus sont déjà en circulation à travers le pays, dans les villes comme Montréal, Brampton et Vancouver », a indiqué une source gouvernementale proche du dossier.

Le ministre Champagne sera à l’usine de Saint-Eustache pour faire l’annonce, tandis que le premier ministre participera à la conférence de presse de façon virtuelle.

La somme peut paraître modeste en comparaison des 100 millions en prêts pardonnables qu’Ottawa et Québec ont consentis en mars à Lion Électrique pour la construction d’une usine d’assemblage de blocs-batteries hautement automatisée à Mirabel. Celle-ci assemble aussi des autobus électriques et des camions urbains.

Mais l’annonce de ce mardi surviendra 24 heures après que la ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, Catherine McKenna, a indiqué que le parc entier de 450 autobus d’OC Transpo de la ville d’Ottawa sera entièrement électrique d’ici 2036.

La Ville d’Ottawa obtiendra une aide de quelque 400 millions de la Banque de l’infrastructure du Canada (BIC) et du gouvernement fédéral pour financer le remplacement de ses autobus au diesel au cours des 15 prochaines années. Essentiellement, le gouvernement fédéral et la BIC se chargeront de payer la différence entre le coût d’achat d’un autobus au diesel et celui d’un autobus électrique.

« Nous agissons sur deux fronts à la fois. On investit dans la production d’autobus électriques et on aide les villes à acheter les autobus électriques », a souligné une source gouvernementale.

La Ville d’Ottawa doit obtenir cet automne quatre autobus électriques construits par la société New Flyer de Winnipeg. Mais un appel d’offres en bonne et due forme sera lancé dans les prochaines semaines pour l’achat de 450 autobus si le conseil municipal entérine le plan le 16 juin. D’autres entreprises comme Nova Bus et Lion Électrique pourront donc participer à cet appel d’offres. Nova Bus a d’ailleurs des centres de services dans sept villes canadiennes, dont un à Ottawa. L’entreprise a présenté un nouvel autobus électrique, le LFSe+, qui offre une autonomie de 470 km et deux méthodes de recharge, aérienne ou branchée.

Rappelons que le gouvernement Trudeau s’est engagé à investir 2,75 milliards en mars dernier afin de soutenir financièrement les municipalités qui désirent électrifier leurs réseaux de transports en commun. À terme, cette somme doit permettre de faire l’achat de 5000 autobus scolaires et urbains à zéro émission. Au passage, le gouvernement Trudeau veut favoriser l’essor d’un secteur de fabrication de véhicules électriques au pays.

« L’utilisation des transports en commun signifie une réduction des émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques, ce qui pourra aider le Canada à atteindre notre objectif de carboneutralité d’ici 2050 », a-t-on rappelé lundi.