Chers étudiants qui êtes en mode vacances. Vos derniers examens sont déjà oubliés. Peut-être avez-vous quitté les bancs d’école pour toujours, diplôme en poche. Mais prévoyez quand même un autre petit saut sur votre portail. Il vous rapportera 200 $. Alors, sortez votre téléphone et programmez-y une alerte pour le 2 juillet.

Marie-Eve Fournier
Marie-Eve Fournier La Presse

Québec l’avait annoncé dans son budget, en mars. Il prévoyait donner un coup de pouce financier à 400 000 étudiants des niveaux collégial et universitaire pour « diminuer l’incidence de la crise sanitaire ».

Voilà que le temps est venu de distribuer les 83 millions de dollars mis de côté. Danielle McCann m’a dévoilé les détails du processus qui commencera en plein cœur de l’été.

Pour la ministre de l’Enseignement supérieur, cette initiative est un geste d’empathie envers les étudiants qui « se sont sentis un peu oubliés » pendant la pandémie. « C’est une forme de reconnaissance de leur résilience. C’est une façon de les remercier pour cette année qui n’a pas été facile […] On a voulu poser un geste assez fort pour dire “on vous remercie”. » Les jeunes, rappelle-t-elle, ont fait des efforts pour protéger les plus vulnérables de la société.

Comme prévu, donc, les étudiants à temps plein (quatre cours) ont droit à 100 $ pour la session d’automne 2020 et 100 $ pour celle de l’hiver 2021.

Je suis certaine que personne ne manquera d’idées pour profiter de ce cadeau qui tombe du ciel… à condition de le demander. Car malheureusement, ce n’est pas automatique.

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Voici comment ça va fonctionner. Prenez des notes !

D’abord, précisons que la somme n’est pas un remboursement d’une partie des droits de scolarité. Mais elle ne sera pas non plus considérée comme un revenu imposable au Québec. À Ottawa ? « On est en discussion avec le gouvernement fédéral. Évidemment, on souhaiterait que ce ne soit pas imposable », m’a précisé la ministre au bout du fil.

Il faudra avoir gagné au moins 13 808 $ en 2021 pour payer de l’impôt.

Pour avoir droit à leur argent, les étudiants devront remplir en ligne un formulaire à partir du 2 juillet sur le portail utilisé par leur cégep ou leur université (Omnivox, bien souvent). Date limite pour faire ses devoirs : 15 mars 2022.

L’information sera transmise au ministère de l’Enseignement supérieur, qui analysera chaque demande afin de s’assurer que l’étudiant satisfait aux critères. Espérons que le traitement des demandes sera fait de façon à éviter les fraudes, comme ça s’est vu avec la PCU.

Le Ministère contactera ensuite les étudiants admissibles par courriel pour obtenir leurs coordonnées bancaires, car les versements seront uniquement effectués par paiement électronique. Le courriel en question contiendra un lien sécurisé où entrer l’information. Gare aux petits malins qui pourraient se faire passer pour le Ministère dans les prochains mois !

La ministre Danielle McCann s’attend à ce que les premiers dépôts se fassent à compter de la mi-septembre.

Pour éviter que des étudiants passent tout droit, Québec aurait-il pu envoyer des chèques en utilisant des listes de noms fournies par les cégeps et les universités ? Danielle McCann répond qu’elle a choisi « la bonne méthode ». « C’est très facilitant de faire un dépôt bancaire. C’est très sécuritaire aussi. Transmettre des chèques par la poste l’est moins. »

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Je suis bien d’accord pour reconnaître les efforts des jeunes. C’est bien vrai que leurs cours à distance ont été éprouvants. Or, il s’avère que l’aide aux étudiants ne sera pas seulement distribuée aux Québécois, aux Canadiens et aux résidents permanents, mais aussi à tous les étrangers. Même ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans la province, ayant préféré suivre leurs cours en ligne de leur pays.

On a voulu être large, car on considère que tous ces étudiants ont fait des efforts. Ils ont tous eu à travailler fort.

Danielle McCann, ministre de l’Enseignement supérieur

On compte environ 40 000 étudiants internationaux à temps plein dans nos universités et près de 5000 dans les cégeps. Si Québec devait leur verser 200 $ chacun, la facture atteindrait 9 millions. Ce pourrait être moins, car certains ne seront pas admissibles ou n’auront pas étudié pendant les deux sessions. C’est sans compter tous ceux qui oublieront de réclamer cette somme.

Mais on peut quand même se questionner sur le bien-fondé d’une aide financière pour des élèves de l’étranger. Bien sûr, certains s’établiront de façon permanente au Québec, et dans l’intervalle, les 200 $ risquent d’être dépensés ici…

Parlant d’oubli, n’oubliez pas de programmer votre alerte du 2 juillet. Rarement quelques clics de souris auront été si payants.