Une usine de transformation de fruits de mer des Îles-de-la-Madeleine compte exiger une preuve de vaccination lors de l’embauche de nouveaux employés saisonniers. Cette mesure fait sourciller certains avocats en droit du travail, qui trouvent l’obligation « extrêmement délicate ».

Simon Carmichael Initiative de journalisme local

L’usine de la coopérative Cap Dauphin, à Grosse-Île, aux Îles-de-la-Madeleine, compte exiger la vaccination de ses employés saisonniers afin de prévenir une éclosion de COVID-19 parmi ses employés.

« Nous on veut protéger notre monde et si l’usine ferme à cause d’une maladie, ça va être une catastrophe financière », a déclaré mardi la directrice générale de la coopérative, Ruth Taker, sur les ondes de CFIM, la radio des Îles-de-la-Madeleine.

Mme Taker a précisé au média madelinot que la mesure avait été votée par les membres de la coopérative, puis adoptée par le conseil d’administration durant la dernière assemblée générale annuelle.

La directrice générale a précisé que recevoir le vaccin était un choix personnel, mais qu’il était nécessaire pour être embauché à l’usine de transformation. Elle compare cette exigence à celle de détenir un permis de conduire, nécessaire pour certains emplois.

« On n’exige pas que les gens aient le vaccin, c’est leur propre choix (sic), mais s’ils veulent être engagés ici, il va falloir qu’ils soient vaccinés », a justifié Mme Taker. « C’est juste une exigence de la compagnie, une mesure de prévention. »

Cette méthode fait sourciller l’avocate Marie-Claude Riou, qui est spécialisée en droit du travail et conseillère en ressources humaines agréée. Elle juge « extrêmement délicate » l’exigence de la coopérative des Cap Dauphin. « On ne peut pas faire de discrimination à l’embauche. C’est un droit garanti par la Charte des droits et libertés du Canada », explique-t-elle.

Il peut y avoir des exigences à l’embauche, mais l’employeur doit une réalité professionnelle qui justifie ces exigences. Au Québec, la vaccination n’est pas obligatoire, alors l’employé a toujours le choix de se faire vacciner ou non, à moins que la réalité professionnelle le justifie.

Marie-Claude Riou, avocate

Mme Taker a refusé de commenter lorsque rejointe par Le Soleil. « On a un règlement pour nos employés et ce n’est pas pour le journal », s’est contentée de noter la directrice générale de la Coopérative des pêcheurs de Cap Dauphin.

Plus de 80 % des Madelinots ont déjà reçu une première dose du vaccin contre la COVID-19 puisqu’il s’agit d’une communauté éloignée.