Dans sa vision de développement du secteur Bridge-Bonaventure, la Ville de Montréal souhaite mettre en valeur le silo P&H Milling trônant au beau milieu du terrain de la Société immobilière du Canada, convoité par l'homme d'affaires Stephen Bronfman pour y construire un stade pour le retour du baseball majeur.

André Dubuc
André Dubuc La Presse

M. Bronfman n’est pas au bout de ses peines : la Ville a déterminé que deux autres bâtiments situés dans ce même quadrilatère (voir plan) étaient d’intérêt patrimonial. La Ville propose aussi de prolonger la rue Oak jusqu’à Wellington. Actuellement, la rue Oak, parallèle à la rue Bridge, se termine en cul-de-sac en arrivant au terrain de la Société immobilière du Canada (SIC).

L’objectif d’un tel prolongement serait de désenclaver le secteur en offrant un autre lien routier nord-sud en complément à la rue Bridge, souvent embouteillée. Un tel prolongement viendrait toutefois couper le terrain de la Couronne en deux et compliquer singulièrement les projets immobiliers à venir, quels qu’ils soient. Une jonction Oak/Wellington soulèverait en outre des enjeux de sécurité qui ne sont pas détaillés par la Ville.

Ces pistes de réflexion figurent dans les cahiers de participation d’une « concertation citoyenne » sur invitation prise en charge par l’Institut du Nouveau Monde et par le groupe Espace Stratégies à la demande de la Ville de Montréal. Elle se compose de cinq ateliers. Trois ont déjà eu lieu. Les deux autres se tiendront les 13 et 20 mai.

« Ces cahiers se veulent des documents de discussion et non des positions formelles de la Ville », précise la Ville dans un courriel.

Ces cahiers ne font par ailleurs aucune proposition sur l’emplacement de la future gare du Réseau express métropolitain (REM) dans le quartier. M. Bronfman a exprimé dans le passé la nécessité, pour la viabilité de son stade, d’avoir une gare à proximité du terrain appartenant pour le moment à la Société immobilière du Canada.

Il s’agit de la deuxième consultation concernant ce secteur au cours des derniers mois. L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) avait écouté tout le monde lors d’une consultation s’étant déroulée du 22 avril au 10 octobre 2019. Le rapport des commissaires a été dévoilé le 9 mars 2020. La Ville consulte actuellement « afin d’alimenter la réflexion sur l’élaboration du Plan directeur de mise en valeur du secteur Bridge-Bonaventure », explique la relationniste Marilyne Laroche Corbeil. Le Plan directeur pourrait être connu plus tard dans l’année.

Ensuite, « les instances municipales seront appelées à statuer sur la mise à jour de la vision, sur les balises d’aménagement et de développement ainsi que sur les éventuelles interventions municipales à réaliser », a précisé la relationniste de la Ville. Suivra possiblement la préparation d’un plan particulier d’urbanisme (PPU) susceptible de faire l’objet d’une nouvelle consultation publique par l’OCPM.

Un silo oublié

L’idée de mettre en valeur les marqueurs territoriaux du quartier émane du rapport de l’OCPM de mars 2020. Les commissaires faisaient essentiellement référence au silo no 5 et à l’enseigne iconique Farine Five Roses, au pont Victoria, au port, à l’arche des silos au-dessus de la rue Mill, ou encore à la Cité du Havre.

Dans le cahier de préparation aux ateliers de l’Institut du Nouveau Monde, la liste des marqueurs a été allongée pour inclure le silo P&H Milling (24 mètres de haut) qui trône au milieu du terrain de la SIC.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Dans le cahier de préparation aux ateliers de l’Institut du Nouveau Monde, la liste des marqueurs a été allongée pour inclure le silo P&H Milling (24 mètres de haut) qui trône au milieu du terrain de la Société immobilière du Canada.

L’un des objectifs de l’aménagement du territoire, selon le cahier de préparation, est de « préserver les panoramas et les vues d’intérêt en encadrant la hauteur et la volumétrie des constructions afin de maintenir de la dominance des marqueurs territoriaux dans le paysage ».

Ni M. Bronfman ni son Groupe baseball Montréal n’apparaît sur la liste des invités que la Ville a transmise à La Presse. Après vérifications, la Ville assure que le groupe a reçu une invitation. Selon nos informations, le Groupe baseball Montréal n’a pas participé aux ateliers. Nos tentatives mardi après-midi de joindre le porte-parole Daniel Granger n’ont pas eu immédiatement de suite.

Joint au téléphone, le Groupe Devimco, qui contrôle des terrains dans le secteur et qui figure sur la liste des invités, a confirmé sa participation aux ateliers, mais ne veut pas faire des commentaires pour le moment.