Avec la saison estivale qui approche, l’industrie touristique, qui vient de lancer une vaste campagne de recrutement, n’a plus une minute à perdre, puisqu’elle doit pourvoir 40 000 postes à l’échelle Québec. En plus de la pénurie de main-d’œuvre, l’incertitude liée à la pandémie donne du fil à retordre à certaines entreprises qui peinent à recruter des employés.

Publié le 14 avr. 2021
Nathaëlle Morissette
Nathaëlle Morissette La Presse

« [Le besoin en travailleurs est] un peu plus important. Le défi est plus grand cette année, admet Martin Soucy, président-directeur général de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec. On est en pénurie de main-d’œuvre. Il y a des employés qui sont sortis de l’industrie. »

Pour aider les entreprises, une vaste campagne de recrutement, Faites briller l’été partout au Québec, a été lancée mardi. Celle-ci est dotée d’un budget de 500 000 $ et est financée par le ministère du Tourisme et l’Alliance de l’industrie touristique du Québec.

Au Zoo de Granby, Samuel Grenier, directeur des opérations, affirme qu’il n’est pas simple de dénicher des candidats. « On a eu moins de retours [d’employés de l’an passé], le nombre de candidatures a été au ralenti. »

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Un employé du Zoo de Granby fait marcher un dromadaire.

Actuellement en campagne de recrutement, le Zoo doit pourvoir entre 175 et 200 postes. « C’est un peu moins que les années avant la COVID-19, où on était plus autour de 250 », précise M. Grenier.

« D’une part, l’incertitude a fait en sorte que les employés sont allés vers des secteurs où il y a moins d’incertitude, explique-t-il. D’autre part, on a eu beau faire des rotations, la COVID-19 a créé des postes qui sont un peu moins intéressants que d’habitude, comme ceux qui font le contrôle d’accès aux pavillons. Ce n’est pas le job le plus intéressant, malheureusement. »

M. Grenier rappelle par exemple qu’à l’été 2020, le Zoo a pu ouvrir son parc de manèges et son parc aquatique « à la dernière minute », car on devait attendre d’avoir le feu vert du gouvernement. Une situation qui peut être déstabilisante pour certains employés, selon lui.

En raison des mesures sanitaires, lors de la précédente saison estivale, le Zoo a pu accueillir en moyenne chaque jour 3800 visiteurs, ce qui équivaut à environ 30 % de l’achalandage habituel, hors COVID-19. Malgré toutes ces difficultés, M. Grenier croit qu’il pourra embaucher suffisamment d’employés. « On devrait être en mesure de pourvoir nos postes, mais ça reste qu’on a dû travailler plus fort. »

À la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), le responsable des relations avec les médias, Simon Boivin, confirme également que les défis du recrutement de la main-d’œuvre sont grands. Cette année, 366 postes sont offerts.

« C’est le temps de postuler »

Du côté d’Évènements Attractions Québec, le directeur général, François-G Chevrier, admet que l’incertitude dans le secteur, en ce qui concerne les activités permises ou non, peut rebuter certains candidats potentiels, ce qui contribue à augmenter les besoins. Seulement parmi les 200 membres que son regroupement représente (parcs aquatiques, aquarium, centres d’interprétation), quelque 10 000 postes sont à pourvoir. « C’est le temps de postuler, lance-t-il sans détour. On sait que les besoins sont très, très grands. On veut rassurer les [employés], ajoute-t-il. Cet été, on est mieux préparés. »

Un point de vue que partage Martin Soucy. Selon lui, il y a de fortes chances que les gens puissent à nouveau sillonner le Québec pendant leurs vacances. « On pense qu’on va pouvoir offrir une saison touristique, surtout avec la campagne de vaccination, où on nous dit que le 24 juin, tout le monde devrait avoir son premier vaccin. »

Mais avant d’accueillir ses premiers visiteurs, l’industrie sait qu’elle doit s’organiser rapidement. Les besoins en main-d’œuvre se font particulièrement sentir dans les régions en périphérie de Montréal et de Québec, ainsi que dans celles situées en bordure du Saint-Laurent.

Il a été impossible de connaître le nombre exact d’emplois offerts pour chacune des régions. Sauveteurs, cuisiniers et préposés à l’entretien des sites comptent parmi les postes à pourvoir. Au Québec, l’industrie touristique représente 400 000 emplois.