Le Palais des congrès s’est transformé depuis quelques semaines pour devenir le plus important centre de vaccination contre la COVID-19 à Montréal et au Québec, avec une capacité d’inoculer plus de 4000 citoyens par jour. Si cette activité de santé publique est essentielle, il faut néanmoins prévoir le retour à la normale des activités événementielles que sont les congrès, salons et autres activités habituelles de ce lieu de réunion, une tâche à laquelle s’astreint déjà Josée Noiseux, nouvelle présidente du conseil d’administration de l’établissement montréalais.

Jean-Philippe Décarie Jean-Philippe Décarie
La Presse

Vous venez tout juste d’être nommée, il y a quelques jours à peine, présidente du conseil d’administration du Palais des congrès. Comment envisagez-vous ce défi alors que les activités de congrès et de tourisme sont encore au point mort, ici comme ailleurs dans le monde ?

C’est un très beau défi, parce que le Palais des congrès est un acteur clé de la reprise économique de Montréal et du Québec. Évidemment, la solution va passer par la vaccination. L’industrie des congrès va redémarrer lorsqu’il sera possible de réaliser des évènements de façon sécuritaire ici et ailleurs dans le monde.

On anticipe que la grande majorité de la population canadienne sera vaccinée d’ici le mois de septembre, et on voit que cela va se faire plus rapidement encore aux États-Unis et en Angleterre. Notre rôle sera de rétablir la confiance des congressistes à l’extérieur de Montréal lorsque tout le monde sera vacciné.

On souhaiterait organiser un premier grand évènement public en décembre prochain, comme le Salon des métiers d’art, ou le Salon de l’auto au début de la prochaine année.

D’ici là, votre rôle sera de transformer le plus grand centre de vaccination du Québec en véritable centre des congrès ?

Oui, c’est vrai, mais je suis fascinée que la population montréalaise se déplace ici chaque jour pour se faire vacciner, c’est une excellente chose. Cela permet aux gens de s’approprier ce lieu institutionnel dans un moment important.

On a l’infrastructure toute désignée pour le faire, et la Santé publique réalise un travail incroyable, c’est une file incessante de gens qui circulent bien et ce sont nos gens de la sécurité qui font la gestion de foule.

Ceci dit, le Palais des congrès a profité de la pandémie pour mettre en œuvre certains des chantiers qui avaient été définis dans la dernière planification stratégique pour les années 2019-2023.

On voulait mettre de l’avant l’innovation, réaliser davantage de productions hybrides en présence et en virtuel. On a installé sept studios de production audiovisuelle qui ont permis de réaliser plein d’ateliers durant la dernière année.

Vous arrivez comme présidente du conseil au moment même où le PDG du Palais des congrès a annoncé qu’il quittait ses fonctions. Son remplacement va arriver en tête de liste des priorités de votre mandat ?

Oui, c’est un dossier important. Notre PDG, Robert Mercure, a annoncé qu’il devait quitter son poste pour des raisons personnelles, pour se rapprocher de Québec. Il a exercé un très bon leadership et a participé activement à la transformation de la culture du Palais.

Il a insufflé ce sens de l’innovation que l’on souhaitait dans notre planification stratégique. Les congressistes veulent des environnements plus ludiques, plus innovants, comme les laboratoires que l’on vient de créer, de façon à amplifier l’écho des évènements, c’est là-dessus que l’on veut bâtir.

Est-ce que le successeur du PDG pourrait être une femme ?

Absolument. Je suis déjà très fière d’avoir été nommée comme présidente du conseil, et je dois préciser que les femmes composent maintenant, avec six représentantes, la majorité au conseil d’administration.

Je suis totalement favorable à la diversité des talents, des genres et des cultures dans les organisations. Au Palais des congrès, cette diversité nous permet d’avoir un meilleur pouls de notre clientèle.

Parlez-nous un peu de vous. Qu’est-ce qui vous a amenée à devenir présidente du conseil du Palais des congrès ?

J’ai été avocate, associée durant 23 ans chez Norton Rose, où j’étais spécialiste en litige et responsabilité dans les domaines de la construction, des infrastructures et de la gouvernance. J’ai été durant des années responsable du dossier du toit du Stade…

En 2016, j’ai accepté de devenir directrice générale de NewCities, une organisation internationale active dans le développement des villes intelligentes qui s’est implantée à Montréal sous l’impulsion de Montréal International. J’ai aussi été PDG de la Fondation de l’Institut de cardiologie de Montréal.

Outre la nomination d’un nouveau ou d’une nouvelle PDG, quelles seront les priorités du Palais des congrès pour réaliser sa sortie de crise ?

On va évoluer selon les succès de la vaccination. On a été obligés de licencier 100 de nos 200 employés en raison de la diminution des évènements publics.

Le Palais des congrès génère des retombées économiques annuelles de 230 millions et quelque 250 000 nuitées dans les hôtels de Montréal.

On a réussi à échelonner 20 congrès importants qui auraient dû se dérouler en 2020 dans les années 2023 à 2025. On prévoit même enregistrer une année record en 2023.

Il reste juste à savoir si les gens vont encore vouloir participer à des évènements qui regroupent plus de 2000 personnes, il va falloir évaluer comment l’industrie va se transformer.

Est-ce que c’est cette imprévisibilité qui retarde les projets d’agrandissement que vous deviez réaliser ?

L’industrie est en transformation. On souhaite encore procéder à l’agrandissement du Palais des congrès. Le gouvernement a fait l’acquisition des terrains à l’est de Saint-Urbain, et c’est encore dans les plans, mais il n’y a pas d’échéancier.

Chaque année, on perdait une vingtaine de congrès parce qu’on ne peut pas organiser deux évènements de plus de 800 personnes dans le même édifice. On va évaluer la situation avec la reprise des activités, comme le font les propriétaires de tours de bureaux au centre-ville.