Ressources Falco veut exploiter un gisement or-argent-cuivre jusqu’à 2 kilomètres de profondeur sous l’ancienne mine Horne à l’origine de la création de l’ancienne ville de Noranda.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Le projet implique la construction d’infrastructures d’une valeur de 1 milliard en quatre ans. La construction entraînerait la création de 800 emplois directs pendant 4 ans, puis l’exploitation occuperait 500 personnes de façon permanente. L’objectif est de commencer à produire les premières onces d’or à la fin de 2025.

« Notre projet Horne 5 se trouve sous l’ancienne mine Horne [démantelée depuis longtemps] entre 650 mètres et 2000 mètres de profondeur », dit Luc Lessard, président et chef de la direction de Ressources Falco, promoteur de l’ambitieux projet.

Des activités automatisées et téléguidées

Falco a dévoilé mercredi la mise à jour de l’étude de faisabilité qui donne une valeur actuelle nette après impôt de près de 1 milliard de dollars canadiens. Le taux de rendement interne après impôt se chiffre à 18,9 %. La valeur du projet se répartit ainsi : 68 % pour l’or, 8 % pour l’argent, 9 % pour le cuivre et 15 % pour le zinc.

Les métaux précieux seront récupérés par une nouvelle usine de traitement de minerai à construire. Les concentrés de zinc et de cuivre seront dirigés chez le voisin Glencore pour un traitement final.

Comme d’habitude, l’étude repose sur une série d’hypothèses, dont un prix de l’or à long terme de 1600 $ US l’once Troy et un taux d’actualisation de 5 %.

« On met toute la gomme sur les nouvelles technologies pour opérer le plus efficacement possible en misant sur l’automatisation, s’enthousiasme l’ingénieur minier. Nous aurons des systèmes téléopérés à partir de la surface en grande partie pour les équipements de production. Les technologies existent. Étant donné que c’est un projet tout neuf, on va en profiter pour faire en sorte que les installations soient les plus profitables et les plus sécuritaires pour les travailleurs. »

Le moins de main-d’œuvre possible aurait à descendre chaque jour dans les entrailles de la Terre.

Le BAPE aura son mot à dire

La construction débutera au plus tôt au milieu de 2022, après que le projet aura passé par l’étape critique du Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE), laquelle sera suivie par l’aval du gouvernement du Québec.

« Nous allons être prêts quand nous défendrons le projet devant le BAPE », a répliqué M. Lessard quand La Presse lui a souligné les récents rapports défavorables de l’organisme concernant deux projets majeurs en région, soit l’agrandissement de la mine de fer de Lac Bloom, à Fermont, et le projet de GNL Québec, à Saguenay. Il souligne les rencontres entre Falco et un comité de suivi formé de citoyens qui ont pour but de rassurer le public et de répondre à ses inquiétudes.

Avant l’étude du BAPE, Falco doit s’entendre avec son voisin Glencore qui détient la raffinerie Horne, située tout à côté et qui recycle les métaux tirés des ordinateurs et des téléphones cellulaires. Falco négocie avec Glencore, un protocole d’opération avec l’objectif d’arriver avec une entente d’ici la fin de 2021.

Quant à l’aspect financier du projet, environ 350 millions sur le milliard sont sécurisés. Falco a notamment obtenu 180 millions de Redevances aurifères Osisko en échange d’une redevance sur la production argentifère. Des ententes de crédit-bail sur l’équipement lourd sont aussi bien avancées. Glencore a acheté l’an passé une débenture convertible de 10 millions dans Ressources Falco.

Bras investisseur du gouvernement du Québec, Investissement Québec aurait un intérêt pour le projet, avance M. Lessard, 57 ans.

La Horne n’est pas la seule mine abitibienne qui pourrait renaître dans des extensions verticales ou horizontales. La hausse des prix des métaux usuels (cuivre, nickel, zinc) s’appuie sur la décarbonisation de l’économie, laquelle va se traduire par une demande plus forte pour les métaux entrant dans la composition des batteries.

« Avec les conditions actuelles du marché des métaux, combinées aux nouvelles technologies, il y a quelque chose à faire avec le gisement », dit M. Lessard.

Le prix des métaux précieux est aussi appelé à s’apprécier, selon plusieurs experts. La société Wesdome (WDO, à Toronto, 8,25 $) travaille à relancer les activités à la mine Kiena, à Val-d’Or.

Le projet Horne 5 en bref

Le projet Horne 5 en résumé
Production de 220 000 onces d’or par an
Durée de vie de la mine : 15 ans
Investissement : 1 milliard
Emplois : 800 construction et 500 exploitation
Coût moyen tout inclus : 587 $ l’once
Début de la construction : mi-2022
Début de l’extraction : fin 2025
Partenaires financiers connus : Redevances aurifères Osisko, Glencore