(Londres) Les ministres des Finances du G7, réunis vendredi en visioconférence sous l’égide du Royaume-Uni, soutiennent de nouvelles aides aux pays défavorisés fragilisés par la pandémie, par l’intermédiaire du Fonds monétaire international (FMI), d’après un communiqué du Trésor britannique.

Agence France-Presse

Le Chancelier britannique Rishi Sunak et « les ministres des Finances du G7 sont favorables à une émission de droits de tirage spéciaux nouvelle et importante pour aider les pays vulnérables à traverser la crise actuelle », selon ce communiqué.  

Il précise que ce serait la première émission depuis la crise financière de 2009 de ces droits (DTS) équivalant à des actifs pour « fournir de la liquidité » aux pays concernés.

En déplacement à Rome, le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a confirmé qu’il y avait « consensus » sur ce mécanisme au sein du G7 et qu’une émission de DTS était « en bonne voie ».

L’opération vise à leur permettre de « dégager des ressources pour financer des besoins cruciaux comme les vaccins ou importations de nourriture, et améliorer les amortisseurs des pays émergents ou à faibles revenus ».

Créés en 1969 par le FMI pour compléter les réserves de change de ses pays membres, les DTS peuvent être échangés contre des devises. Leur valeur repose sur un panier de cinq grandes monnaies internationales. Ils sont attribués aux pays membres en fonction de leur quote-part.  

Ce soutien des grands argentiers « pose les bases d’un accord potentiel aux réunions d’avril du G20 et du Comité du FMI » pour qu’« aucun pays ne soit laissé à la traîne de la reprise économique après (la pandémie de) coronavirus », commente Rishi Sunak dans le communiqué.

Les ministres du Royaume-Uni, de la France, d’Allemagne, d’Italie, du Canada, des États-Unis et du Japon se sont aussi concertés pour que le G7 collabore avec le FMI afin d’améliorer la « transparence sur l’utilisation des DTS et que les pays en bénéficiant puissent rendre des comptes ».

Défi de la dette

Alors que le Royaume-Uni accueille la COP26 en novembre à Glasgow, M. Sunak a également « salué la poursuite de la coopération entre les ministres des pays du G7 pour faire du climat une priorité » de leur action, notamment les diffusions d’informations financières liées à la durabilité ou à l’impact sur l’environnement, et la finance verte.

La directrice générale du FMI Kristalina Georgieva a salué « une réunion productive », ajoutant que le Fonds allait « continuer à soutenir les pays membres vulnérables ».

« Nous devons trouver des solutions durables pour le défi de la dette des pays à bas revenus », a pour sa part commenté David Malpass, président du groupe de la Banque Mondiale, ajoutant qu’il est « capital d’améliorer la transparence sur les contrats liés à ces dettes ».

L’élection de Joe Biden à la Maison-Blanche marque un retour vers plus de coopération au sein des instances internationales, après les années de présidence de Donald Trump.

Lors de la précédente réunion en février, les grands argentiers des pays industrialisés avaient plaidé pour davantage de multilatéralisme dans la sortie de la crise, avec également l’idée d’une taxe numérique au cœur des discussions et notamment portée par Janet Yellen, la cheffe du Trésor américain.

Google, Facebook et les autres géants technologiques ont été les grands gagnants en 2020 de la pandémie de COVID-19 pendant que de nombreux pays ont fait face à une récession économique sans précédent.

Le ministre britannique avait aussi défendu une distribution des vaccins rapide et juste dans le monde, en insistant sur le fait que les institutions financières internationales devaient se doter des bons outils pour aider les pays pauvres à répondre aux défis de la crise.

Le sommet des chefs d’État et de gouvernement du G7 se tiendra du 11 au 13 juin dans les Cornouailles (sud-ouest de l’Angleterre).