(New York) Le rendement sur les bons du Trésor américains à 10 ans a franchi jeudi le seuil symbolique de 1,50 %, un plus haut en un an, signe des craintes des marchés sur une potentielle inflation galopante à venir aux États-Unis.

Agence France-Presse

Vers 13 h, le taux obligataire à 10 ans est monté jusqu’à 1,61 % avant de se replier. Il évoluait aux alentours de 1,51 % à 15 h.  

Depuis le début de l’année, il a grimpé de plus de 60 %.

Le taux à 30 ans progressait également, s’établissant à 2,31 %.

Les rendements obligataires évoluent en sens inverse des prix. Une hausse des taux est donc le synonyme d’un important mouvement de vente des bons du Trésor.

Les investisseurs se séparent généralement de leurs obligations lorsqu’ils anticipent une hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed).  

Si le patron de la Fed, Jerome Powell, a encore répété cette semaine qu’il n’avait pas l’intention de toucher au niveau actuel du loyer de l’argent, compris dans une fourchette entre 0 % et 0,25 %, de nombreux acteurs du marché estiment que le responsable pourrait être contraint de changer d’approche en cas de surchauffe de l’économie.

Une hausse rapide des prix, provoquée par une forte reprise de la croissance, pourrait en effet pousser la banque centrale américaine à rehausser ses taux directeurs afin de juguler l’inflation.

Ces mouvements sur le marché obligataire pesaient sur la Bourse new-yorkaise, notamment sur les valeurs technologiques.  

Ces dernières comptent en effet sur des taux obligataires bas pour financer leur croissance et investir dans de nouveaux projets.

Wall Street s’apprêtait à finir dans le rouge à moins d’une heure de la clôture : le Dow Jones perdait 1,3 %, le NASDAQ tombait de 2,7 % et le S&P 500 cédait 1,9 %.