Hydro-Québec a décidé d’éliminer ses trois divisions fonctionnelles créées il y a plus de 20 ans pour redevenir une seule entité.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Le chambardement organisationnel qui vient d’être annoncé aux employés par la présidente-directrice générale, Sophie Brochu, prévoit la disparition des divisions Production, Transport et Distribution. Les présidents de ces divisions deviendront les vice-présidents exécutifs d’une seule et même entité.

« Le concept d’une division, par définition, divise et ne reflète pas notre aspiration à travailler de manière collaborative. Tous les membres du comité de direction, peu importe leurs responsabilités, demeurent des dirigeants d’une seule et grande Hydro-Québec », explique Sophie Brochu dans son message aux employés, que La Presse a obtenu.

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Sophie Brochu, présidente-directrice générale d’Hydro-Québec

Les trois actuels présidents « porteront désormais le titre de vice-président exécutif », a annoncé la grande patronne d’Hydro-Québec.

L’un d’eux, Marc Boucher, président de la division TransÉnergie, a choisi de quitter l’entreprise. « Il passera à une nouvelle étape de sa carrière », s’est contentée de dire la société à son sujet.

Marc Boucher est un ancien de Bombardier attiré à Hydro-Québec en 2016 par Éric Martel, venu lui aussi de Bombardier pour diriger la société d’État.

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Marc Boucher, président de la division TransÉnergie, a choisi de quitter Hydro-Québec.

Éric Martel avait embauché un grand nombre de ses anciens collègues de Bombardier, au point que les syndiqués de la société d’État avaient déploré la « bombardisation » d’Hydro-Québec.

Marc Boucher sera remplacé par Claudine Bouchard, qui devient vice-présidente exécutive, TransÉnergie et équipement.

Mme Bouchard, qui a passé les 20 dernières années à Hydro-Québec, avait été promue à la haute direction par Sophie Brochu dès son arrivée à la tête de la société d’État, en avril 2020.

Les deux autres présidents de divisions, David Murray (Production) et Éric Filion (Distribution), conservent leurs responsabilités. Ils sont eux aussi des anciens de Bombardier.

Sophie Brochu a aussi fait venir avec elle d’anciens collègues d’Énergir, comme Martin Imbleau, qui a occupé brièvement le poste de vice-président à la stratégie d’entreprise et au développement des affaires, avant d’être recruté pour diriger l’Administration portuaire de Montréal. Il a été remplacé chez Hydro par un autre ancien d’Énergir, Pierre Despars.

Fruits de la déréglementation

La séparation d’Hydro-Québec en trois entreprises distinctes remonte à la fin des années 90, quand la déréglementation des marchés de l’énergie est devenue une réalité aux États-Unis.

La société d’État faisait face à des pressions de la part des autres producteurs d’énergie, qui voulaient être traités équitablement pour exporter de l’énergie aux États-Unis en utilisant le réseau de transport d’Hydro-Québec et pour répondre aux appels d’offres de la société d’État.

Le gouvernement de l’époque avait aussi jugé que la séparation fonctionnelle faciliterait l’accès d’Hydro-Québec au marché américain, où les entreprises contrôlées par un gouvernement sont mal perçues.

La disparition des divisions et la réunification des activités ne changeront rien à l’accès égal au réseau de transport d’Hydro-Québec et au processus d’appel d’offres, a assuré mardi un porte-parole de la société d’État.

Le nouvel organigramme d’Hydro-Québec compte un membre de moins avec le départ de Marc Boucher. La haute direction est composée de 12 personnes, dont quatre femmes.